La France recule sur la mortalité néonatale
Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), rendu public après de longues hésitations, tire la sonnette d’alarme sur la mortalité des nouveau‑nés en France. Selon ce document, la situation s’est détériorée depuis le début des années 2010 et place le pays « dans une position internationale défavorable ». Sur la base des indicateurs cités par le rapport, la France se situe au 23e rang sur 27 pays européens, avec environ 4 décès pour 1 000 naissances.
Un rapport publié après des retards
Le rapport de l’Igas a été rendu public après plusieurs mois d’hésitation de l’exécutif ; la publication est signalée comme ayant pris du retard. Il présente une vingtaine de recommandations visant à inverser la tendance, sans jeter immédiatement l’opprobre sur une seule politique — parmi les pistes évoquées figure la révision de la fermeture des petites maternités.
Un système en tension, selon les professionnels
Des responsables hospitaliers et praticiens interrogés par le rapport et les médias pointent surtout la question des ressources humaines. Le professeur Olivier Morel, secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et chef du pôle gynécologie‑obstétrique du CHU de Nancy, décrit un système qui « s’essouffle ». Il alerte notamment sur un déficit d’effectifs :
« Il n’y a pas assez de professionnels pour faire fonctionner toutes les maternités »
Le professeur rappelle qu’une étude récente mettait déjà en lumière l’absence d’environ 1 000 gynécologues‑obstétriciens à temps plein en 2021 pour assurer un fonctionnement normal des maternités. Il souligne que 70 % des maternités ne disposent pas des effectifs minimaux pour assurer la permanence des soins en toute sécurité, et que ce chiffre atteint 90 % pour les petites maternités de type 1.
Conséquences et recommandations
Le rapport propose une vingtaine de mesures visant à réduire la mortalité infantile, sans exclure une réévaluation des fermetures de structures de proximité. Les auteurs insistent sur la nécessité d’agir à plusieurs niveaux : renforcement des équipes, amélioration de l’organisation des gardes, formation et attractivité des métiers, mais aussi surveillance accrue des indicateurs périnataux pour mieux cibler les interventions.
Vers une mobilisation nationale ?
Face à ces constats, les autorités ont été mises sous pression pour traduire les recommandations en mesures concrètes. Les acteurs hospitaliers appellent à une stratégie coordonnée, alliant moyens humains et organisationnels, pour garantir la sécurité des naissances sur l’ensemble du territoire. La question de l’équilibre entre maintien de la proximité des soins et sécurité des prises en charge reste au cœur du débat.
- Constat : dégradation de la mortalité néonatale et classement européen défavorable.
- Cause principale pointée : déficit significatif de gynécologues‑obstétriciens et maternités sous‑effectif.
- Solutions proposées : renfort des équipes, réorganisation des gardes, révision des fermetures de petites maternités.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Classement européen | 23e / 27 |
| Taux de mortalité | 4 décès / 1 000 naissances |
| Gynécologues‑obstétriciens manquants | ~1 000 (2021) |