Un rassemblement en soutien à un instituteur de Borgo
Mercredi 22 juillet, près de 200 enseignants se sont retrouvés dans l'enceinte du palais de justice de Bastia. Ils répondaient à l'appel du SNUipp-FSU de Haute-Corse pour soutenir Marc Savelli, professeur des écoles à l'école élémentaire de Borgo depuis vingt-cinq ans, convoqué dans le cadre d'une composition pénale.
La procédure fait suite à des propos tenus en mai, lors d'une intervention liée à un conflit impliquant un élève et l'enseignante d'une autre classe. Selon les renseignements rendus publics, Marc Savelli est mis en cause pour des « menaces de mort réitérées » visant les parents de l'élève concerné.
Contexte et réactions syndicales
Le secrétaire départemental du SNUipp-FSU, Fabien Mineo, a motivé la mobilisation en situant les propos dans un contexte particulier : au même moment, l'enseignant traversait le deuil de son père. Le syndicat rappelle aussi le profil de l'élève, décrit comme suivi depuis le CP et présenté comme diagnostiqué TDAH, d'après des témoignages d'enseignants ayant travaillé avec lui.
« Dans ce genre de contexte, on pourrait tous aujourd'hui être à sa place. »
Le SNUipp-FSU demande un classement sans suite. Les manifestants estiment qu'accepter la composition pénale reviendrait à reconnaître une faute de la part de l'enseignant et à stigmatiser une profession déjà fragilisée par des tensions scolaires régulières.
La proposition de composition pénale
Aux termes de la procédure, une proposition de composition pénale a été présentée à l'enseignant. Il l'a refusée. Les principales modalités proposées sont synthétisées ci-dessous :
| Elément | Proposition |
|---|---|
| Dommages et intérêts | 100 euros |
| Stage | Une demi-journée de stage de citoyenneté |
Le refus de la composition implique que, si le parquet ne classe pas l'affaire, celle-ci pourrait être renvoyée devant le tribunal correctionnel dans les mois à venir.
Enjeux locaux
- La mobilisation illustre la tension entre protection des personnels et réponse pénale aux faits reprochés.
- Le dossier soulève la question du suivi des élèves présentant des troubles de l'attention et de la coordination entre équipes éducatives et familles.
- La décision du parquet, attendue, aura des conséquences pour l'enseignant et pour le climat au sein des écoles de la circonscription.
À Bastia, le rassemblement a pris la forme d'un soutien collectif et visible. Il rappelle aussi la fragilité des relations entre éducateurs, familles et justice quand un incident scolaire dégénère. La suite de la procédure déterminera si l'affaire s'arrête par un classement ou si elle prendra la voie judiciaire formelle.