Une fuite qui débute en ville et se poursuit sur l'autoroute
Dans la nuit du 26 juillet, vers 2h30, les forces de l'ordre de Beauvais repèrent un véhicule dont le comportement attire l'attention. Selon les éléments présentés au tribunal correctionnel de Beauvais lundi 27 juillet, le conducteur fait un brusque demi‑tour à la vue des policiers. Ces derniers activent alors leurs gyrophares et engagent une poursuite.
Le véhicule prend la direction de l'A16, franchit une barrière et circule à vive allure vers le Nord. La course se prolonge jusqu'à Hardivillers où le conducteur quitte la route, emprunte un chemin puis s'engage dans un champ où la voiture s'embourbe. Le fuyard prend alors la fuite à pied. Il est interpellé environ 20 minutes plus tard.
Des obligations judiciaires ignorées
Le prévenu, identifié comme Mamoudou Sow, était placé sous contrôle judiciaire depuis une ordonnance de décembre 2025. Au moment des faits, il était en violation de trois obligations explicites :
- interdiction de paraître dans l'Oise ;
- interdiction de conduire un véhicule à moteur ;
- obligation de rester à domicile le soir et la nuit.
Interrogé par le tribunal, il a expliqué avoir « paniqué à la vue des policiers, car je n’avais pas le droit d’être là ». Pour tenter de justifier sa présence au volant, il a indiqué travailler comme loueur de voitures et devoir intervenir sur place pour un client. Il a aussi précisé que la voiture utilisée était une « voiture de caution » dans le cadre de la location.
« Il vaut mieux perdre un peu d’argent que de finir devant un tribunal, vous ne croyez pas ? »
La présidente du tribunal a relevé l'incohérence de la situation, notamment l'emploi d'un véhicule malgré l'interdiction de conduire.
Un passé judiciaire qui pèse
Le dossier soumis au tribunal mentionne un casier judiciaire chargé : le prévenu compte cinq condamnations, dont deux pour des faits non détaillés lors de l'audience. La récidive des comportements problématiques a été prise en compte lors des débats.
| Élément | Information |
|---|---|
| Heure des faits | Vers 2h30, nuit du 26 au 27 juillet |
| Lieu | Beauvais -> A16 -> Hardivillers (champ) |
| Durée avant interpellation | Environ 20 minutes |
| Mesures judiciaires violées | Interdiction d'être dans l'Oise, interdiction de conduire, obligation de présence nocturne |
| Peine prononcée | 14 mois de prison |
La décision du tribunal, qui a abouti à une peine de 14 mois de prison, souligne la fermeté de la réponse judiciaire face à des conduites mettant en danger les personnes sur la route et enfreignant des restrictions pénales déjà en vigueur.
Conséquences locales
Au-delà du cas individuel, cette affaire rappelle les risques liés aux refus d'obtempérer sur des axes fréquentés comme l'A16, et les difficultés pour les forces de l'ordre lorsqu'une poursuite se poursuit à haute vitesse. Pour les habitants de Beauvais et des communes avoisinantes, elle interroge aussi sur l'efficacité du contrôle des interdictions de paraître sur le territoire départemental.
La justice a ainsi envoyé un message clair : la violation d'une mesure judiciaire combinée à des manquements en matière de sécurité routière entraîne une réponse pénale significative.