Des services mobilisés, des températures qui grimpent
À La Souterraine, la vague de chaleur actuelle met à rude épreuve les établissements de santé. La direction de l’hôpital et de l’Ehpad a activé le plan blanc, un dispositif d’urgence interne destiné à adapter l’organisation et les moyens en période de tension. Malgré cette réorganisation et des efforts constants, les salles atteignent par endroits des températures élevées, jusqu’à 36 °C dans l’hôpital.
Mesures d’urgence et système D
Sur le terrain, les équipes renforcent les passages pour veiller à l’hydratation des patients et des résidents. Des couvertures de survie ont été fixées sur certaines fenêtres pour limiter l’échauffement, tandis que des climatiseurs mobiles ont été déployés dans les couloirs. Dans ce contexte, chaque geste compte : stores abaissés, brumisateurs à portée, pièces communes identifiées quand elles sont rafraîchies.
« Je mange beaucoup de glace, ce n'est pas facile du tout, je ne peux plus me lever, c'est encore plus dur »
Ce témoignage d’une patiente illustre la difficulté pour les personnes à mobilité réduite d’accéder aux espaces plus frais.
Une visite préfectorale pour prendre la mesure
Le préfet de la Creuse, Jean-Philippe Legueult, s’est rendu sur place le vendredi 26 juin afin d’évaluer la situation aux côtés des soignants. Dans les couloirs, la préoccupation est vive : des personnels signalent des températures au-delà de 35 °C, des cas de déshydratation nécessitant des perfusions, et des chutes de patients affaiblis.
« On a plus de 35 degrés, on a les patients qui se déshydratent, qu'on perfuse, qui tombent »
Au-delà des chiffres, l’enjeu est humain : maintenir la sécurité des personnes fragiles, soutenir des équipes très sollicitées et s’adapter en continu aux pannes et aux limites techniques.
Des équipements sollicités, parfois défaillants
La salle à manger, censée être l’une des zones les plus tempérées, subit elle aussi les aléas. L’une des deux unités de climatisation y est à l’arrêt, l’autre ne suffit pas à traiter le volume. Résultat : près de 32 °C relevés, situation jugée anormale par les équipes. À l’hôpital comme à l’Ehpad, la lassitude affleure : le personnel décrit une période éprouvante, avec la perspective d’un été qui s’annonce long.
« Les agents sont arrivés au bout, ça va être dur de tenir l'été… On se sent presque délaissé »
Ce ressenti traduit l’usure face à une chaleur durable et des infrastructures qui ne permettent pas toujours un rafraîchissement efficace des grands espaces.
Contexte, enjeux et points de vigilance
Ces épisodes rappellent la vulnérabilité des bâtiments anciens et des unités collectives lors des pics de chaleur. À La Souterraine, la combinaison de mesures organisationnelles (plan blanc, tournées d’hydratation renforcées) et de solutions techniques de circonstance (clims mobiles, occultation des fenêtres) permet de tenir, sans pour autant faire baisser suffisamment le thermomètre dans toutes les pièces. La visite préfectorale vise à documenter les besoins immédiats et les marges d’amélioration possibles en matière de rafraîchissement et de confort thermique.
- Priorité aux plus fragiles : personnes âgées, patients alités ou dépendants font l’objet d’une surveillance accrue.
- Continuité des soins : réorganisation des équipes et des circuits pour limiter l’exposition à la chaleur.
- Suivi technique : pannes de climatisation signalées et besoins en équipements identifiés.
Ce que montrent les relevés sur site
| Lieu | Constat | Mesures |
|---|---|---|
| Hôpital | Température jusqu’à 36 °C | Plan blanc, clims mobiles, stores/occultation, hydratation renforcée |
| Couloirs | Au-delà de 35 °C signalés | Brumisation, surveillance des patients vulnérables |
| Salle à manger | Environ 32 °C, une clim en panne | Clim restante sollicitée, adaptation des usages |
Et maintenant ?
Les équipes de La Souterraine poursuivent leurs efforts au quotidien pour sécuriser patients et résidents, en priorité ceux qui ne peuvent se déplacer vers les espaces plus frais. Les constats partagés devant le préfet mettent en lumière l’urgence d’un accompagnement opérationnel et d’un suivi des équipements de rafraîchissement à l’hôpital comme à l’Ehpad, afin de traverser l’épisode en limitant les risques pour la santé des plus vulnérables.