Une décision judiciaire qui clôt un long chapitre
Le 2 juillet 2026, la cour d’appel de Paris a relaxé Josu Urrutikoetxea Bengoetxea, dit « Josu Ternera », poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste. Les juges ont estimé que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir sa responsabilité dans les faits reprochés. Cette issue judiciaire fait ressurgir, en Occitanie, l’origine d’une enquête antiterroriste enclenchée plus de vingt et un ans plus tôt à Caussade (Tarn-et-Garonne).
Point de départ : un sac noir abandonné
Le 25 avril 2005, une habitante de Caussade repère, dans une laverie du centre-ville, un sac laissé près des machines. À l’intérieur, les gendarmes découvriront une arme de poing et plusieurs faux papiers d’identité. L’affaire est rapidement reprise par le SRPJ de Toulouse, qui met en place une surveillance discrète des lieux, convaincu que le propriétaire se présentera à nouveau.
« Un homme m’a demandé si j’avais trouvé un sac noir »
À partir de cette découverte fortuite, les enquêteurs remonteront patiemment des fils conduisant vers des responsables présumés de l’ETA. L’épisode de Caussade deviendra l’un des jalons d’un dossier plus vaste, dont l’onde de choc dépassera le seul Tarn-et-Garonne.
Arrestations, renvois et nouveau procès
Dans la foulée de ce point de départ, des interpellations ciblant des militants présumés seront effectuées, et la procédure finira par concerner l’ancien dirigeant de l’organisation clandestine basque. Après son arrestation en France en 2019, celui-ci a obtenu un nouveau procès. Il a comparu les 9 et 10 avril 2026 devant la cour d’appel de Paris. Le verdict du 2 juillet a acté sa relaxe, estimant insuffisantes les preuves de sa participation alléguée à l’appareil actif de l’organisation au moment des faits poursuivis.
Un rappel marquant pour le territoire
L’épisode de la laverie a placé, un temps, Caussade sous les projecteurs. Il rappelle la façon dont un simple indice, découvert dans un lieu du quotidien, peut enclencher une mécanique policière et judiciaire à large spectre. Si la décision d’appel referme ce pan précis du dossier, elle laisse une empreinte dans la mémoire locale, où s’étaient entremêlés vigilance citoyenne et travail discret d’enquête.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| 25 avril 2005 | Découverte d’un sac dans une laverie de Caussade (arme et faux documents) |
| 2019 | Arrestation en France de Josu Urrutikoetxea et obtention d’un nouveau procès |
| 9-10 avril 2026 | Comparution de l’intéressé devant la cour d’appel de Paris |
| 2 juillet 2026 | Relaxe prononcée par la cour d’appel |
Ce qu’il faut retenir
- La procédure d’appel n’a pas établi la responsabilité pénale de l’ancien dirigeant présumé dans les faits jugés.
- Le déclencheur local demeure la découverte d’un sac à Caussade en 2005, contenant une arme et des faux papiers.
- Le SRPJ de Toulouse avait mené la surveillance initiale, amorçant une enquête à ramifications plus larges.
Au-delà du symbole, l’affaire rappelle l’articulation entre initiative citoyenne, investigation policière et temps judiciaire long. Pour les habitants de Caussade et, plus largement, d’Occitanie, elle s’achève sur une décision d’apaisement judiciaire, sans pour autant effacer l’épisode fondateur survenu dans une simple laverie du centre-ville.