Un voyage pour confronter l’histoire au présent
Après un an de préparation, une dizaine d'élèves de 3e du collège Victor Duruy sont partis à Londres et, le 6 juillet, ont rencontré Rose Krimolowski, surnommée Rosette. Déportée en 1944 alors qu'elle était enfant, la nonagénaire — âgée de 96 ans — a témoigné de son parcours devant les jeunes Marnais.
La rencontre, chargée d'émotion, a permis aux collégiens d'interroger la survivante sur sa vie et sur la période de la guerre, parfois au prix de silences difficiles. Les élèves et leurs enseignantes ont ressenti la force du témoignage et la fragilité des souvenirs que Rosette accepte de partager.
Des réactions vives parmi les collégiens
Plusieurs élèves ont confié leur émotion : «
Elle est impressionnante. À plusieurs reprises, on a eu les larmes qui montaient aux yeux», a raconté Ninon, l'une des participantes. La collégienne a remercié ses professeures, reconnaissant l'importance de vivre une expérience qu'elle pense unique : « Je sais que je ne la vivrais pas deux fois », dit-elle.
Un projet pédagogique mené par l'équipe du collège
Deux enseignantes, dont Cécile Boudes, professeure d'Histoire-Géographie, ont accompagné les élèves. Elles insistent sur le symbolisme de la rencontre : restituer un visage et une parole à l'histoire, et permettre aux jeunes de questionner la transmission de la mémoire.
- Objectif pédagogique : confrontation directe à un témoignage de la Shoah.
- Participants : une dizaine d'élèves de 3e du collège Victor Duruy.
- Encadrement : deux enseignantes, dont Cécile Boudes.
Un film pour prolonger la mémoire
À l'issue du séjour, les professeures prévoient de monter un documentaire à partir des photos et vidéos réalisées pendant le voyage. Ce montage sera envoyé à Rosette pour qu'elle conserve un souvenir de la rencontre. Le projet transforme une visite ponctuelle en outil de mémoire pérenne, exploitable en classe et dans la cité.
| Date | Lieu | Personne rencontrée | Âge |
|---|---|---|---|
| 6 juillet | Londres | Rose "Rosette" Krimolowski | 96 |
Cette initiative locale relie Châlons-en-Champagne aux enjeux nationaux de transmission du souvenir de la Shoah. Elle illustre aussi la façon dont les établissements scolaires peuvent, au-delà des manuels, favoriser la compréhension et la responsabilisation des jeunes face à l'histoire.