Une contestation judiciaire autour des séances obligatoires d’EVARS au collège
Des parents d’un élève du collège Hélène‑Boucher à Chartres ont saisi le tribunal administratif d’Orléans pour demander que leur fils soit dispensé des séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS). Le tribunal a rejeté leur requête en référé visant à suspendre en urgence la décision du chef d’établissement, qui avait refusé la dispense le 23 septembre 2025.
Entré en application à la rentrée 2025, le programme EVARS impose, au niveau national, la tenue d’au moins trois séances annuelles par élève. Face à la contestation locale, la procédure d’urgence n’a donc pas abouti : le tribunal examinera ultérieurement la demande au fond.
Des motifs exprimés avec force par les parents
Dans leur requête, les parents décrivent en termes très vifs l’impact qu’ils attribuent aux séances sur leur enfant. Ils accusent ces cours de pouvoir « provoquer chez leur enfant un traumatisme profond », évoquant un « meurtre d’âme » et « l’injection d’un traumatisme puissant qui effracte le psychisme de l’enfant ».
« L’injection d’un traumatisme puissant qui effracte le psychisme de l’enfant. »
Le chef d’établissement avait opposé un refus à la demande de dispense, décision qui a motivé le recours des parents auprès du tribunal administratif d’Orléans.
Contexte national et chiffres cités
Le ministère de l’Éducation nationale, interrogé cet été par l’AFP, a fourni des éléments de contexte sur la diffusion du dispositif :
- 75 % des élèves ont eu au moins une séance cette année ;
- 42 % des élèves ont bénéficié des trois séances annuelles prévues ;
- En 2022, date où le dispositif n’était pas encore en place, 15 % des élèves avaient suivi de telles séances.
| Année | % d'élèves avec ≥1 séance | % d'élèves avec 3 séances |
|---|---|---|
| 2022 | 15% | — |
| 2025 (année d'application) | 75% | 42% |
Ces chiffres traduisent, selon le ministère, une montée en charge du dispositif depuis sa généralisation à la rentrée 2025. Sur le terrain, l’application concrète et la manière de conduire ces séances varient selon les établissements et les intervenants.
Enjeux locaux : école, parents et dialogue
Pour les familles chartraines, la question renvoie à des enjeux concrets : le respect des convictions familiales, la protection supposée des élèves et la responsabilité pédagogique des équipes. Pour l’établissement, la difficulté tient à appliquer une obligation nationale tout en gérant des objections individuelles. Le rejet de la demande en urgence ne clôt pas le débat : le tribunal doit désormais statuer sur le fond, et la décision finale pourra avoir des répercussions sur les pratiques locales si elle est suivie d’un jugement de principe.
Pour l’heure, ni le collège Hélène‑Boucher ni le rectorat n’ont publié de communication publique sur ce dossier au moment de la saisine. Les parents, en recourant à la justice, ont choisi la voie contentieuse plutôt que le dialogue institutionnel ou la médiation interne ; la suite de la procédure déterminera si d’autres familles à Chartres et dans l’Eure‑et‑Loir engageront des actions similaires.