La mairie entre dans la course pour sauver la boulangerie du bourg
La boulangerie-pâtisserie Les délices de Chemiré, fermée depuis le 12 mai après une liquidation judiciaire, va changer de statut : le conseil municipal a décidé, le 31 juillet, d’acheter le fonds de commerce afin de permettre une reprise rapide sous la forme d’une location-gérance.
Une scène qui se répète dans les communes rurales — la vitrine éteinte, le four muet — mais qui, ici, a suscité une mobilisation municipale. La maire, Véronique Pineau, explique que les premières démarches ont été conduites auprès du liquidateur, Maître Boudevin, et qu’un inventaire des actifs a été réalisé par Maître Duval, commissaire-priseur.
« Le potentiel favorable à une reprise rapide de l’activité »
Estimé initialement à 41 550 € par l’expertise, le fonds de commerce a fait l’objet d’une offre municipale revue à la baisse en raison des dysfonctionnements du matériel et de l’état des locaux : la proposition portée par la municipalité s’établit à 30 000 €. La commune a aussi rencontré les propriétaires des murs pour clarifier les conditions de location.
En attendant une reprise pleinement effective, le dépôt de pain est assuré depuis la fermeture par le boucher-épicerie du village, approvisionné par la boulangerie de Saint-Georges-du-Bois. Mais l’objectif affiché est de restaurer une offre complète et pérenne, pour éviter que ce commerce de proximité ne devienne un souvenir pour les habitants.
Deux boulangers de Saint-Georges-du-Bois, Mme et M. Bourgoin, se sont déclarés intéressés par une reprise. Après une visite du site en compagnie du maire et de Serge Moreau, premier adjoint, ils ont confirmé leur intention et proposé une modalité concrète : une convention de location-gérance assortie d’une clause d’option d’achat après une année d’exploitation.
- Fermeture : 12 mai 2026
- Évaluation initiale : 41 550 €
- Offre municipale : 30 000 €
- Mode envisagé : location-gérance avec option d’achat au bout d’un an
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Date de fermeture | 12/05/2026 |
| Évaluation (commissaire-priseur) | 41 550 € |
| Proposition communale | 30 000 € |
Le dossier reste toutefois technique : la location des murs appartient au propriétaire des locaux et ne peut être contractualisée qu’avec le détenteur du fonds — désormais la commune si la transaction aboutit. L’adjoint Emmanuel Bost a présenté une proposition de financement lors du conseil, selon laquelle la ville faciliterait l’acquisition pour permettre la mise en place rapide d’un exploitant.
Sur le terrain, la démarche vise à éviter la longévité des commerces à l’arrêt, qui pèsent sur l’attractivité du centre-bourg. Pour les habitants, c’est la promesse du pain quotidien et d’un lieu de vie. Pour la municipalité, c’est une opération de sauvegarde économique locale : acheter aujourd’hui pour favoriser une reprise demain.
Reste à finaliser les détails juridiques et techniques, puis à remettre le four en marche. Les premières échéances seront la signature de la vente du fonds et la conclusion de la convention de location-gérance avec les candidats repreneurs. Si tout se déroule comme espéré, le village pourrait retrouver sa boulangerie en activité dans les mois qui viennent.
Contact pratique : les habitants continuent de trouver du pain chez le boucher-épicier du village, en attente d’un retour du métier de boulanger au cœur de Chemiré-le-Gaudin.