La vie après l’embrasement
Le vent qui balaie la colline porte encore, parfois, l’odeur de la fumée. À l’entrée de Coustouge, village de 117 habitants, un chantier occupe la place où se dressait la maison d’une famille de viticulteurs. Valérie Segonne, 58 ans, accueille au son des cigales et détaille, avec une précision contenue, la succession des jours qui ont suivi le feu du 5 août 2025.
Ce flambement, qui a marqué l’été dans le département, a laissé des traces matérielles et psychologiques profondes : cols de collines calcinés, constructions effondrées, objets de vie consumés. Les Ségo nne ont vu leur logement réduit à des murs fumants. Tout ce qui faisait la maison — meubles, albums, bijoux, souvenirs — est parti en cendre. Seuls les deux moutons de la famille, miraculeusement, ont survécu à la nuit de la fuite.
Des chiffres qui scotchent
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Surface parcourue | 17 000 hectares |
| Maisons détruites | 36 |
| Victimes humaines | 1 personne |
Le retour sur place, deux jours après l’incendie, s’est fait sous escorte des gendarmes. Le choc de découvrir l’étendue du désastre a laissé place à une prise en charge immédiate : visite d’une cellule psychologique, relogement temporaire chez des proches, puis dans un logement de l’habitation familiale, au cœur du village.
« L’incendie, on en parle tous les jours. »
Cette phrase revient comme un leitmotiv chez les habitants. Elle résume l’omniprésence du drame dans les conversations quotidiennes, et l’impossibilité de revenir à une normalité sans reconstruction complète, matérielle comme mentale.
Reconstruire : processus long et points d’attention
Le chantier de la nouvelle maison avance mais l’emménagement n’est pas pour demain. La reconstruction implique démarches administratives, assurances, appels aux artisans locaux et, souvent, réapprentissage d’une vie amputée de ses objets familiers. Les sinistrés racontent aussi la solidarité reçue : hébergements chez des amis ou voisins, aide ponctuelle d’associations, présence des services municipaux et des gendarmes lors des retours.
- Soutien psychologique : accessibilité et suivi pour les habitants marqués par le traumatisme.
- Relogement : solutions temporaires et recherche de stabilité dans le village.
- Reconstruction : délais, coûts et coordination des travaux à prévoir.
À Coustouge, comme dans d’autres communes touchées, la reconstruction ne se réduit pas à rebâtir des murs. Elle pose la question de la mémoire, des repères perdus et de la manière dont une petite communauté accepte et intègre une rupture aussi violente dans son quotidien.
Les habitants interrogés témoignent d’une volonté de continuer à vivre sur place, fruit d’un attachement profond au territoire et à ses paysages. Mais ce désir s’accompagne d’une vigilance permanente : éviter qu’un tel sinistre ne se reproduise, mieux organiser la prévention, affiner les plans d’intervention et renforcer les capacités d’alerte et d’évacuation pour protéger des vies et des biens désormais fragilisés.
La date restera gravée. Pour ceux qui ont perdu leur maison, le chemin vers un nouveau foyer est encore long, ponctué par des démarches administratives, des rendez-vous avec des artisans et des nuits où les souvenirs brûlés réapparaissent. À Coustouge, on reconstruit pierre après pierre, mais la trace du feu continue de dicter le rythme des jours.