À La Réunion, à compter de ce 11 août 2026, les pratiques de démarchage téléphonique évoluent profondément. Un décret publié le 23 juillet 2026 (n° 2026-662) inverse la logique qui prévalait jusqu'ici : ce n'est plus au consommateur d'interdire les appels, mais à l'entreprise d'obtenir son accord préalable et explicite.
Ce qui change pour les Réunionnais
Concrètement, toute personne physique domiciliée à La Réunion ne peut plus être sollicitée par téléphone à des fins commerciales sans avoir manifesté un consentement actif. Le texte précise les conditions de validité de ce consentement : il doit être donné de façon claire, informée et peut être retiré à tout moment.
"Actif : le consommateur doit manifester explicitement son accord (case à cocher, formulaire signé, accord enregistré, etc.)"
Autre changement notable : le consentement est limité dans le temps. Lorsqu'il est recueilli, sa durée de validité ne peut excéder un an. L'entreprise doit par ailleurs indiquer son identité, l'objet précis de la sollicitation et la durée du consentement.
Exceptions et encadrements
Le décret n'élimine pas tous les appels. Des situations restent autorisées — quand l'appel est lié à l'exécution d'un contrat en cours, à des services complémentaires ou à des abonnements de presse. En revanche, certains secteurs sont désormais strictement interdits au démarchage téléphonique, même avec l'accord de la personne :
- rénovation énergétique ;
- adaptation du logement pour les personnes âgées ou en situation de handicap ;
- utilisation du Compte personnel de formation (CPF).
| Type d'appel | Autorisé ? |
|---|---|
| Exécution d'un contrat en cours | Oui |
| Rénovation énergétique | Non, même avec consentement |
Ce que doivent respecter les professionnels
Lorsqu'ils appellent légalement, les professionnels doivent se conformer à des règles strictes : l'heure des sollicitations est limitée (jours ouvrables, plages horaires), le retrait du consentement doit être possible immédiatement, et il est interdit de demander le consentement au cours d'un appel déjà établi. Le simple silence ou une case pré-cochée ne peut valoir accord.
Pour les Réunionnais, ce texte renforce une protection face aux démarchages intrusifs qui perturbent la vie quotidienne, notamment dans des zones où la qualité du réseau favorise encore les appels massifs. Reste à voir comment la mise en œuvre sera contrôlée localement et si les entreprises adapteront rapidement leurs pratiques.
Les consommateurs qui estiment avoir été contactés indûment peuvent signaler les pratiques abusives aux services compétents. En attendant, il est conseillé de demander une confirmation écrite ou de vérifier les modalités de consentement lorsque l'on communique ses coordonnées.