Un rassemblement devant le siège de l’association
Le mouvement a débuté mercredi 4 novembre 2026, dès 8 heures, devant le siège de l’Enfance Catalane, à Perpignan. Une quinzaine de salariés ont débrayé pour faire entendre leurs revendications. Ils appartiennent aux équipes de techniciens en intervention sociale et familiale (TISF), qui comptent 22 postes au sein de l’association.
L’Enfance Catalane emploie au total 250 salariés. Les grévistes demandent notamment une revalorisation de leur rémunération et une prise en charge plus juste des déplacements effectués pour accompagner les familles. Ils contestent aussi le projet qui pourrait conduire les TISF à travailler un troisième samedi par mois.
Des déplacements professionnels au cœur du conflit
Dans ces métiers, les interventions se déroulent au domicile des familles. Les salariés utilisent donc fréquemment leur véhicule personnel pour se rendre d’un rendez-vous à l’autre. Selon les témoignages recueillis sur place, le calcul actuel des indemnités ne permettrait pas toujours de couvrir les dépenses engagées, en particulier lorsque deux interventions sont séparées par plus d’une heure.
« Je suis là parce que j’en ai marre d’aller travailler et de perdre de l’argent »
Une salariée explique percevoir 1 600 euros par mois et consacrer environ 300 euros au carburant. Elle évoque également 500 euros de réparations sur son véhicule et une indemnisation récente de 1,50 euro. Ces situations sont aggravées, selon les grévistes, par la hausse du prix des carburants et par l’usure des voitures utilisées pour les missions.
Des interventions suspendues pendant la journée
Le mouvement a eu des effets immédiats sur l’activité. Les salariés mobilisés n’ont pas assuré les actions de prévention menées auprès de familles considérées comme en difficulté ou exposées à des risques. Ils n’ont pas non plus sécurisé les visites de parents auprès d’enfants placés.
Cette dernière mission illustre la portée concrète du conflit. Pour certains parents, ces rendez-vous ne se tiennent qu’une ou deux fois par mois. Un gréviste souligne ainsi le dilemme auquel les professionnels sont confrontés : défendre leurs conditions de travail tout en mesurant les conséquences de l’arrêt d’activité pour les familles accompagnées.
Un sentiment de déclassement
Au-delà des seuls frais professionnels, les salariés décrivent une perte de reconnaissance. L’une d’elles rappelle avoir suivi une reconversion et obtenu un diplôme d’éducatrice après trois années d’études. Elle dit aujourd’hui se sentir « complètement dévalorisée » dans son métier, malgré son attachement à l’accompagnement des personnes.
| Point de revendication | Éléments avancés par les grévistes |
|---|---|
| Rémunération | Demande de hausse des salaires et dénonciation d’un pouvoir d’achat insuffisant |
| Déplacements | Meilleure couverture du carburant et des frais liés aux véhicules personnels |
| Organisation | Opposition à la perspective d’un troisième samedi travaillé chaque mois |
À Perpignan, cette mobilisation met donc en regard la fragilité économique de professionnels mobiles et la continuité d’un accompagnement destiné à des familles vulnérables. Les salariés espèrent désormais que leurs demandes seront prises en compte par la direction de l’Enfance Catalane.
- Une quinzaine de TISF ont participé au rassemblement.
- Le mouvement concerne une équipe de 22 postes.
- Les revendications portent sur les salaires, les indemnités kilométriques et les samedis travaillés.