Un dossier jugé en urgence à Saintes
Le tribunal judiciaire de Saintes a tranché ce 30 juin. L’agent de sécurité de 29 ans, originaire de Nieul‑sur‑Mer, qui intervenait pour un prestataire au magasin Brico Dépôt de Saint‑Georges‑des‑Coteaux, a été reconnu coupable après deux départs de feu survenus les 7 avril et 13 mai. La peine tombe : un an ferme sous bracelet électronique. Un jugement rendu en comparution immédiate pour des « destructions du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes », selon la qualification rappelée à l’audience.
Deux matinées, deux sinistres, aucun blessé
Les faits se jouent en milieu de matinée. D’abord le 7 avril, un foyer s’allume dans des rouleaux de laine de verre, entreposés dans la cour des matériaux, un vaste hangar semi‑ouvert d’environ 1 000 m². Puis le 13 mai, un second départ de feu éclate. À chaque fois, la direction du magasin est absente. Les secours interviennent, les équipes réagissent. Aucune victime n’est à déplorer. L’établissement, spécialisé dans le bricolage, est secoué mais évite le pire.
Du témoin au banc des prévenus
Au début, il n’éveille pas les soupçons. Le 7 avril, l’agent saisit un extincteur et participe à l’extinction. La suite bascule après le second incendie. Les enregistrements des caméras ramènent les enquêteurs vers le même périmètre, le même homme. Des collègues s’étonnent de son insistance, de ses questions, de sa présence répétée près des départs de feu. Interpellation le 26 mai. Direction la garde à vue, puis la salle d’audience.
« Je suis très angoissé par ce qui va m’arriver »
À la barre, le prévenu apparaît fébrile. Sa jambe tressaute, il se balance, se rafraîchit le visage. L’inquiétude est palpable. La formule claque, brève. Les juges, eux, regardent les faits, leur répétition, le risque créé pour les personnes.
Une ligne rouge franchie
Dans ce type d’affaires, la justice retient le danger et la récurrence. Les deux sinistres, en journée, dans une zone d’activité, exposent salariés, clients et intervenants. Ici, les enquêtes techniques, les images et les témoignages ont pesé. La peine prononcée — un an sous dispositif électronique — signifie un contrôle strict, assorti d’horaires et d’interdictions. C’est une privation de liberté exécutée au domicile, sous surveillance.
Chronologie des faits
| Date | Événement |
|---|---|
| 7 avril | Premier incendie dans des rouleaux de laine de verre, cour des matériaux (hangar semi‑ouvert ~1 000 m²) |
| 13 mai | Deuxième départ de feu en milieu de matinée, aucune victime |
| 26 mai | Interpellation de l’agent de sécurité |
| 30 juin | Condamnation à un an de bracelet électronique par le tribunal de Saintes |
Un rappel de précaution pour le public
Ce double incendie réveille une évidence : en entrepôt comme en cour de matériaux, la moindre flamme peut embraser vite. Règles anti‑feu, dispositifs d’alerte, formation des équipes, plans d’évacuation… autant de remparts lorsqu’un sinistre survient. Dans cette affaire, les secours et les personnels ont permis d’éviter des blessures. La vigilance reste de mise, en particulier dans les zones de stockage de produits combustibles comme la laine de verre.
Et maintenant ?
Le jugement est tombé. L’enseigne, ses salariés et les clients doivent tourner la page. Les enquêtes administratives et les retours d’expérience internes suivront leur cours, comme souvent après un incident de ce type. Sur le plan judiciaire, la peine sous bracelet électronique implique un suivi et le respect de conditions strictes. Toute violation expose à un durcissement. Le message est clair : l’incendie volontaire, même sans blessé, reste un délit lourd, qui appelle une réponse ferme.
- Deux incendies en avril et mai au Brico Dépôt de Saint‑Georges‑des‑Coteaux, sans blessé.
- Un agent de sécurité jugé en comparution immédiate et condamné à un an sous bracelet électronique.
- Les images de vidéosurveillance et des témoignages ont orienté l’enquête.