Des recherches sans résultat, mais une enquête toujours active
Vingt-deux ans après la disparition de Khadidja Bengrine, âgée de 21 ans à l’époque, la justice a repris des fouilles dans le Finistère. Selon le parquet de Nanterre, ces opérations n’ont, cette fois encore, rien permis de découvrir. Saisie du dossier, la juridiction spécialisée du pôle des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE) confirme que l’enquête se poursuit et que toute information reste précieuse.
« Les investigations se poursuivent même si les dernières fouilles n'ont pas été fructueuses »
L’affaire demeure ancrée à Quimperlé, d’où la jeune femme s’est volatilisée à l’été 2004, quittant sans trace le logement qu’elle partageait avec son compagnon d’alors, Philippe Chalony. Depuis, aucun signe de vie. Le dossier, d’abord instruit au parquet de Quimper, avait été classé sans suite en juillet 2013, avant d’être repris neuf ans plus tard par le pôle « cold cases » de Nanterre.
Un suspect mis en examen, déjà condamné dans une autre affaire
La procédure a connu un tournant en juin 2023 : placé en garde à vue, Philippe Chalony a été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Ancien légionnaire, il est actuellement détenu pour une autre affaire : une peine de douze ans de réclusion criminelle a été prononcée à son encontre par la cour d’assises du Finistère le 21 mai 2022 pour des faits d’agressions sexuelles et de viol incestueux. Interrogé sur la disparition de Khadidja Bengrine lors de ce procès, il avait affirmé que la jeune femme était partie sans donner de nouvelles.
Chronologie resserrée d’un dossier relancé
| Période | Événement |
|---|---|
| Été 2004 | Disparition de Khadidja Bengrine à Quimperlé |
| Juillet 2013 | Classement sans suite de l’enquête initiale |
| Juillet 2022 | Ouverture d’une enquête préliminaire par le PCSNE (Nanterre) |
| 21 mai 2022 | Condamnation de Philippe Chalony à 12 ans dans une autre affaire |
| Juin 2023 | Garde à vue et mise en examen de Philippe Chalony |
| Décembre (année non précisée) | Réquisitoire supplétif pour investigations supplémentaires |
| Début juillet 2026 | Nouvelles fouilles dans le Finistère, sans résultat |
Sur le terrain, l’attente et la nécessité des témoins
Dans cette commune aux portes de l’estuaire de la Laïta, l’affaire ressurgit par vagues, au gré des opérations policières. Les dernières fouilles, conduites dans le département par les enquêteurs du pôle national, n’ont pas permis d’apporter l’indice attendu. Mais l’autorité judiciaire insiste : la recherche de la vérité continue. Pour les proches, comme pour la ville de Quimperlé, c’est l’espoir ténu d’une information nouvelle qui pourrait, un jour, éclairer ces 22 années d’absence.
« Les magistrats du pôle et les enquêteurs sont toujours disponibles à recevoir tous les témoignages, notamment à l'adresse suivante : parquet.coldcase.tj-nanterre@justice.fr »
Ce que l’on sait, ce qui manque encore
- Le PCSNE confirme la poursuite des investigations malgré des fouilles infructueuses.
- Le compagnon de l’époque, Philippe Chalony, est mis en examen dans ce dossier et incarcéré pour une autre affaire.
- L’appel à témoignages demeure central pour faire progresser l’enquête.
À ce stade, aucun élément matériel nouveau n’a été communiqué par le parquet. Le réquisitoire supplétif évoqué en décembre a toutefois permis de prescrire des mesures d’enquête additionnelles. Reste à documenter ce qui s’est passé au cœur de l’été 2004 : les trajets de la jeune femme, ses contacts, ou tout fait remarqué à Quimperlé et dans les environs. La moindre précision peut compter.
Appel au public : comment transmettre une information
Les personnes disposant d’un renseignement, même ancien, peuvent le communiquer par courriel à l’adresse dédiée du pôle cold cases : parquet.coldcase.tj-nanterre@justice.fr. Les enquêteurs rappellent l’importance des témoignages dans les dossiers de longue durée, où la mémoire collective et les archives privées complètent le travail de police technique.
À Quimperlé, où les marées charrient autant les mémoires que les sables, le temps n’a pas effacé la question essentielle : que s’est-il passé pour Khadidja Bengrine ? La procédure suit son cours, méthodique, avec l’objectif inchangé de faire émerger la vérité judiciaire. Les regards se tournent désormais vers celles et ceux qui pourraient détenir une pièce manquante du puzzle.