À proximité de Vilory, au sud de Vesoul, une intervention discrète mais structurante s’est déroulée le lundi 29 juin 2026. Pour la première fois en Haute-Saône, des drones ont permis d’équiper des lignes à haute tension avec des dispositifs d’effarouchement destinés à améliorer la visibilité des câbles pour les oiseaux. Enedis, gestionnaire du réseau public d’électricité, a ainsi posé 166 balises réfléchissantes en à peine 36 heures, sans interrompre l’alimentation.
Un corridor de passage pour grands échassiers
Le secteur, bien que moins fréquenté que le lac de Vaivre situé à quelques kilomètres, voit passer régulièrement des oiseaux de grande envergure. Pour la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Bourgogne–Franche-Comté, qui demandait cette action, l’enjeu est de réduire les collisions et l’électrocution, risques avérés près des lignes aériennes.
« Les effaroucheurs permettent aux oiseaux de voir les lignes haute tension et donc de ne pas venir les percuter. Il n'y a pas de grand regroupement mais il y a du passage ici »
La liste des espèces concernées dans ce couloir de vol est large, souligne la LPO, avec des cigognes noires, des grandes aigrettes ou encore des grues. Le dispositif, de nature réfléchissante, agit comme un balisage visuel sur les portées les plus exposées.
Une méthode rapide, sous tension, sans coupure
Conçus à La Rochelle, les drones utilisés ont été déployés spécialement pour ces travaux. Leur atout principal : intervenir au plus près des conducteurs tout en maintenant les lignes sous tension, évitant ainsi les interventions lourdes par camions et nacelles, et surtout toute coupure pour les usagers.
« Aujourd'hui en 36 heures, ont place 166 effaroucheurs de façon rapide, sécurisée et avec une ligne sous tension »
Pour les équipes de terrain, la protection du matériel et la sécurité d’exécution étaient au cœur de l’opération.
« les drones sont entièrement carénés »
Cette configuration permet de travailler au contact d’un environnement électrique contraignant en réduisant l’exposition des opérateurs et en fiabilisant la trajectoire des drones lors de la pose des balises.
Des effets attendus sur la biodiversité locale
Au-delà de l’innovation technique, l’intervention répond à une préoccupation très concrète : limiter la mortalité d’oiseaux en zone de plaine, là où les grands échassiers suivent lignes de relief, cours d’eau et milieux ouverts. La visibilité accrue des câbles devrait réduire significativement les impacts, notamment par temps couvert, au crépuscule ou lors des migrations. Pour le territoire, l’intérêt est double : protéger la faune et assurer la continuité du service public d’électricité sans travaux intrusifs.
- Installation de 166 balises réfléchissantes sur des portées ciblées.
- Chantier réalisé en environ 36 heures, sous tension, sans coupure pour les riverains.
- Réponse à une demande de la LPO pour sécuriser un axe de passage d’oiseaux.
Un jalon pour de futurs chantiers par drone
Cette première en Haute-Saône pourrait servir de référence pour d’autres secteurs du département et de la région où des interactions similaires entre réseau électrique aérien et avifaune sont observées. La méthode par drone raccourcit les délais, limite les opérations au sol et réduit l’empreinte du chantier. Sans annoncer de calendrier, l’opérateur et les acteurs naturalistes partagent, chacun à leur place, un objectif commun : faire cohabiter infrastructures et biodiversité dans des paysages largement ouverts.
| Donnée | Élément |
|---|---|
| Lieu | Proximité de Vilory (Haute-Saône) |
| Date | 29 juin 2026 |
| Dispositifs posés | 166 effaroucheurs |
| Durée estimée | Environ 36 heures |
| Technique | Drones carénés, lignes maintenues sous tension |
| Conception des drones | La Rochelle |
Si l’on connaît surtout le lac de Vaivre pour ses rassemblements d’oiseaux, la plaine autour de Vilory rappelle que de nombreux sites moins visibles structurent aussi les couloirs de déplacement de la faune. L’équipement des lignes par balisage visuel s’inscrit ainsi dans une série d’ajustements discrets qui, cumulés, renforcent la sécurité des espèces protégées sans renoncer aux impératifs du réseau électrique.