Un recrutement saisonnier vire à l’alerte judiciaire
À Excideuil, en Dordogne, l’embauche d’un maître-nageur pour la saison a tourné court. Selon la mairie, le professionnel, âgé de 64 ans, a été licencié moins d’une semaine après son arrivée en juin. Le maire, Jimmy Morand, assure avoir découvert qu’une mesure administrative de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS) lui interdisait d’exercer au contact de mineurs. Il a immédiatement saisi les autorités compétentes. Depuis le 1er juillet, une enquête de gendarmerie, ouverte par le parquet de Périgueux, est en cours.
« Nous avons donné l’alerte, maintenant l’affaire est entre les mains de la justice »
Le maire dit avoir réagi après des recherches menées à la suite d’un comportement qu’il jugeait « bizarre » chez le nouvel agent. Le dossier administratif du professionnel attestait son diplôme, mais, détail déterminant, une interdiction d’exercer auprès des mineurs aurait été prononcée par la DJS. L’intéressé ne l’aurait pas mentionnée lors de son entretien, et son casier judiciaire était, d’après la mairie, vierge.
Fermeture de la piscine en pleine chaleur
Conséquence immédiate de ce licenciement: la piscine municipale a fermé trois jours à la mi-juin, au moment où la canicule frappait le territoire. Une décision prise « en responsabilité », explique l’édile, avec pour objectif de sécuriser les usagers en attendant de nouvelles dispositions. La coupure de service, en période de fortes températures, a pesé sur la vie quotidienne des habitants.
Signalements et précautions de la mairie
Face au risque de réemploi du professionnel dans une autre collectivité, le maire d’Excideuil affirme avoir écrit, dès le 18 juin, à la DJS et au procureur de la République de Périgueux, Jacques-Edouard Andrault. Il indique avoir mobilisé l’article 40 du Code pénal pour alerter formellement les autorités. Resté sans réponse dans un premier temps, il a relancé ses correspondants par un second courriel. L’ouverture de l’enquête le 1er juillet a été accueillie comme un soulagement à la mairie.
« Le sexagénaire avait bien son diplôme de maître-nageur », mais « il avait interdiction d’exercer au contact des mineurs »
À ce stade, la procédure vise à « faire la lumière » sur la situation. Aucune précision n’a été donnée sur l’origine exacte de l’interdiction administrative évoquée, ni sur d’éventuels faits susceptibles d’être reprochés au professionnel. Le parquet n’a pas communiqué davantage d’éléments.
Une affaire qui interroge les recrutements estivaux
Au-delà du cas d’Excideuil, ce dossier met en relief la fragilité des recrutements saisonniers, nombreux dans les piscines, bases de loisirs et accueils de plein air en Périgord. Diplômes, vérifications administratives, adéquation des affectations: la mécanique d’embauche doit concilier rapidité et sécurité, notamment quand des fonctions impliquent des contacts avec des mineurs. À Excideuil, la municipalité assure avoir agi sans délai une fois l’information connue.
Ce que l’on sait, ce qui reste à préciser
- Le maître-nageur a été licencié moins de sept jours après son recrutement, en juin.
- La piscine a été fermée trois jours à la mi-juin, en période de canicule.
- Un signalement a été adressé à la DJS et au procureur dès le 18 juin.
- Une enquête de gendarmerie a été ouverte le 1er juillet par le parquet de Périgueux.
Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|---|
| Mi-juin | Licenciement du maître-nageur et fermeture de la piscine pendant trois jours |
| 18 juin | Signalement adressé par la mairie à la DJS et au procureur |
| 1er juillet | Ouverture d’une enquête de gendarmerie par le parquet de Périgueux |
| 2 juillet | Le maire confirme ses démarches et son soulagement |
Et maintenant?
La suite dépendra des investigations menées sous l’autorité du parquet. À Excideuil, l’exécutif municipal se dit mobilisé pour garantir la continuité du service public dans des conditions sûres. Les usagers, eux, attendent que la période estivale se déroule sans nouveau contretemps, avec un encadrement irréprochable aux bassins. En attendant les conclusions judiciaires, chacun reste dans l’expectative.