Un cap fixé pour la filière avicole morbihannaise
Au siège de la Société bretonne de volaille (SBV), à Saint-Jean-Brévelay, la visite du préfet du Morbihan, Michaël Galy, et de la sous-préfète Claire Liétard a mis en lumière l’ampleur et les tensions de la production avicole locale. Devant les équipes réunies, la direction a défendu un objectif assumé : accroître rapidement l’outil d’élevage pour répondre à une consommation soutenue de poulet français.
« on doit installer au moins dix nouveaux élevages par an dans le Morbihan »
Le message, porté au sein d’un groupe qui revendique une présence industrielle dense dans le département, s’inscrit dans un contexte où l’intégralité de la chaîne — élevage, abattage, transformation — mobilise déjà des milliers d’emplois. La SBV, filiale du groupe sarthois LDC (leader européen de la volaille), signale ainsi l’ampleur du besoin d’installations nouvelles pour sécuriser l’approvisionnement en origine France.
Un poids économique de premier plan
Avec 2 428 collaborateurs et sept usines dans le Morbihan, la SBV occupe une place centrale dans l’économie agroalimentaire locale. Le site de Saint-Jean-Brévelay concentre les fonctions de siège. D’autres unités sont implantées dans le département, notamment à Guiscriff. L’activité est soutenue : dans l’usine attenante au siège, 100 000 dindes sont abattues chaque semaine, illustrant la puissance industrielle de l’ensemble.
| Indicateurs clés (Morbihan) | SBV |
|---|---|
| Salariés | 2 428 |
| Sites industriels | 7 |
| Abattage hebdo (dinde, site attenant) | 100 000 têtes |
Installer, mais comment et où ?
Demander « au moins dix nouveaux élevages par an » suppose de conjuguer plusieurs paramètres : disponibilité du foncier agricole, parcours d’installation des éleveurs, capacités d’accompagnement technique, et calendrier des autorisations. La déclaration de la direction vise à rendre visibles ces besoins opérationnels, alors que la filière locale souhaite produire davantage en France.
Au-delà des volumes, la question touche aux territoires : voisinage, gestion des effluents, alimentation animale, organisation des transports vers les abattoirs et ateliers de découpe. Autant d’éléments qui conditionnent l’acceptabilité et la réussite de nouvelles fermes. Les autorités présentes ont pris la mesure d’un écosystème déjà très structuré, où chaque maillon influe sur l’autre.
Emploi et compétences au cœur de l’équation
Dans un département où la volaille « pèse lourd en termes d’emplois », la montée en puissance de l’amont agricole pourrait soutenir l’activité industrielle existante, tout en imposant un effort continu de recrutement et de formation aux métiers de l’élevage et de la transformation. L’argument de la SBV est clair : sécuriser l’offre locale, c’est consolider les postes actuels et préparer ceux de demain.
Ce que change (ou non) l’objectif annuel
- Rythmer les installations pour étaler les investissements et l’intégration des nouveaux éleveurs.
- Donner de la visibilité aux fournisseurs, transporteurs et ateliers de transformation du département.
- Structurer un dialogue continu entre filière, collectivités et services de l’État sur le cadre d’implantation.
Si l’orientation affichée par la SBV est assumée, sa réalisation dépendra du calendrier de projets concrets et de la capacité des acteurs locaux à concilier impératifs économiques et attentes des riverains. Le déplacement préfectoral à Saint-Jean-Brévelay a, en tout cas, installé le sujet à l’agenda.