Deux lauréats charentais pour des enjeux industriels et numériques
Le dernier appel à projets du plan France 2030 a distingué deux acteurs industriels implantés en Charente : le studio Kalank, installé à Gond-Pontouvre, et Wienerberger France, nouveau nom du groupe Terreal propriétaire de l’usine de Terres-de-Haute-Charente. Les dossiers retenus portent sur des problématiques très différentes mais complémentaires pour le territoire : la souveraineté des données dans les technologies immersives et la décarbonation d’un procédé industriel.
Kalank, connu localement pour ses travaux dans l’animation mais aussi pour des solutions en réalité virtuelle et réalité augmentée à usage industriel, a constitué un consortium avec deux entreprises françaises, Inversive et Brain analytics technology, pour remplacer des briques logicielles et matériels jugés sensibles sur le plan de la sécurisation des données.
« C’est pour un gros projet sur lequel on travaille depuis 2023 qu’on a été retenus »,
explique Adrien Carta, co‑fondateur et gérant de Kalank. Le studio indique déjà collaborer avec des groupes comme Bosch, Orange et la SNCF, mais se heurte à une difficulté majeure : le matériel (casques et autres équipements immersifs) est produit hors d’Europe, ce qui fait courir le risque que des données visuelles sensibles soient hébergées sur des serveurs étrangers. L’objectif du projet est donc de développer des composants technologiques remplaçant ceux fournis de base avec le matériel, afin de garantir que les informations demeurent sous contrôle national.
Le projet porté par Kalank est chiffré à 6 millions d’euros. Kalank investit 40 % de la mise, et la participation de France 2030 se structure à hauteur de 70 % du montant total, répartie en 35 % de subvention et 35 % d’avance remboursable.
Vers une industrie plus verte à Terres‑de‑Haute‑Charente
Parallèlement, Wienerberger France a été retenu pour un projet visant à réduire l’empreinte carbone de son processus de production, porté sur le site charentais. Depuis son rachat du groupe Terreal en 2024, Wienerberger engage des travaux pour adapter son outil industriel aux objectifs climatiques et d’efficacité énergétique. Les détails financiers et techniques du dossier n’ont pas été précisés dans les informations communiquées, mais la reconnaissance par France 2030 doit faciliter la mobilisation de moyens et d’expertises pour accélérer cette transition.
- Kalank (Gond‑Pontouvre) : projet de souveraineté numérique pour la VR/AR — coût total 6 M€, Kalank 40 %, France 2030 70 % (35 % subvention + 35 % avance remboursable).
- Wienerberger France (Terres‑de‑Haute‑Charente) : projet de décarbonation du procédé industriel — lauréat France 2030.
| Portée | Entreprise | Chiffres communiqués |
|---|---|---|
| Souveraineté des données VR/AR | Kalank | 6 M€, Kalank 40%, France 2030 70% (35% subvention + 35% avance) |
| Décarbonation industrielle | Wienerberger France | Montant non précisé |
Au‑delà des montants, ces deux dossiers illustrent un double mouvement pour la Charente : la montée en compétence sur des technologies numériques sensibles et l’effort pour verdir des activités industrielles historiques. Pour le territoire, c’est un signal positif : les entreprises locales parviennent à capter des moyens nationaux pour moderniser leurs activités et sécuriser des filières stratégiques.
Sur le plan local, ces soutiens devraient avoir des retombées en termes d’emplois spécialisés, de sous‑traitance locale et de maintien d’activités industrielles sur le département. Les prochaines étapes consisteront pour les porteurs à détailler les calendriers, recrutements et appels d’offres liés à ces projets, informations attendues par les partenaires économiques et les collectivités qui suivent l’évolution des sites.
Enfin, l’attention portée à la question de la souveraineté numérique dans le dossier de Kalank rappelle que la recomposition des chaînes d’approvisionnement et la sécurisation des données sont désormais des enjeux aussi structurants que la transition écologique pour l’économie locale.