Un bilan 2025 présenté avec des indicateurs en progression
La Caisse commune de Sécurité sociale de la Lozère a rendu compte, ce 1er juillet 2026, de son action de contrôle et de lutte contre la fraude pour l’année 2025. Aux côtés de leurs équipes, Nicolas Perrin, directeur, et Sébastien Massa, sous-directeur, ont exposé des résultats en hausse tant sur le nombre de cas décelés que sur les préjudices évités. Les trois branches réunies au sein de la CCSS – Assurance maladie, CAF et Urssaf – sont concernées par cette tendance.
La branche santé a, à elle seule, versé près de 400 millions d’euros de prestations sur l’exercice 2025. Dans ce cadre, le renforcement des contrôles a conduit à davantage de détections, avec à la clé des procédures graduées et des suites judiciaires lorsque nécessaire.
La fraude informatique, menace dominante et protéiforme
Le principal risque identifié demeure la fraude informatique, en progression constante : arnaques en ligne, création de faux dossiers et détournement des dispositifs, notamment à l’occasion du remboursement à 100 % des fauteuils roulants, dont certains tentent d’abuser par des déclarations mensongères. La CCSS indique aussi constater l’essor de fausses entreprises d’approvisionnement (par exemple dans le domaine des aides auditives), vecteur de demandes indûment présentées.
« La création de fausses entreprises d’approvisionnement (en aides auditives par exemple) est un phénomène que l’on retrouve dans la France entière. Ils créent un faux dossier. Ces faux fournisseurs espèrent passer entre les mailles de nos filets. »
Ces méthodes, qui s’appuient sur des procédés numériques, imposent une adaptation constante des contrôleurs, ainsi qu’une coopération étroite avec les unités spécialisées lorsque l’empreinte dépasse l’échelon local.
Chiffres clés 2025 en Lozère
- 27 535 contrôles réalisés dans le département.
- 79 fraudes détectées pour un montant de 456 000 €, soit + 45 000 € par rapport à 2024.
- 85 % des fraudes imputées à des professionnels de santé et 15 % à des assurés.
Au-delà des constats, la caisse détaille des suites proportionnées selon la gravité des faits. Plusieurs niveaux d’action ont été engagés, de la prévention au contentieux, jusqu’au signalement aux autorités judiciaires.
| Type de suite | Volume |
|---|---|
| Lettres de mise en garde | 45 |
| Avertissements | 8 |
| Sanctions financières | 5 |
| Dépôts de plainte | 2 |
| Signalements au procureur | 3 |
Coopération renforcée contre les réseaux structurés
Lorsque les dossiers laissent entrevoir des réseaux d’ampleur, la CCSS de la Lozère s’appuie sur les Pôles interrégionaux d’enquêteurs judiciaires (PIEJ). Ces équipes spécialisées permettent d’étendre les investigations au-delà du département, partout en France, et d’aboutir à des procédures coordonnées face à des schémas de fraude transversaux.
Ce maillage, complété par l’actualisation des outils de détection, vise à contrer l’innovation constante des fraudeurs. Il permet aussi de sécuriser la dépense sociale dans un contexte budgétaire contraint, tout en rappelant les règles aux professionnels et aux assurés.
Des enjeux concrets pour les assurés et le système de soins
La progression des contrôles et des détections en 2025 illustre une priorité : protéger les fonds publics et garantir l’égalité d’accès aux droits. Les anomalies traitées, notamment lorsqu’elles émanent de pratiques professionnelles non conformes, ont des répercussions directes sur l’Assurance maladie et, plus largement, sur la confiance de tous les usagers du système. La montée en puissance des démarches en ligne rend d’autant plus nécessaire la vigilance face aux sollicitations suspectes et la vérification de l’authenticité des interlocuteurs, qu’il s’agisse de fournisseurs ou de plateformes.
Si la majorité des acteurs respectent les règles, les équipes lozériennes soulignent que la modernisation des contrôles et la coopération avec les services d’enquête constituent des leviers indispensables pour faire reculer des stratagèmes qui évoluent rapidement.