Un pollen noir sur les rives du fleuve
Depuis le milieu de semaine, la Meuse fait face à une pollution par du goudron issue d'une ancienne installation industrielle. L'incident, localisé entre Andenne et Huy, a entraîné la souillure d'environ 3 à 4 kilomètres de berges et mobilise des équipes spécialisées pour une dépollution qui pourrait s'étendre sur plusieurs semaines, voire des mois.
La priorité affichée par les intervenants est d'abord d'empêcher tout nouvel apport de matière polluante dans le cours d'eau. Pour cela, les équipes ont mis en place des installations destinées à contenir et recueillir le produit surnageant.
- pose de barrages flottants pour limiter la propagation ;
- utilisation de boudins absorbants pour capter le goudron en surface ;
- nettoyage des berges, combinant action naturelle du fleuve et interventions ciblées.
"Notre première mission est de stopper complètement l'écoulement du polluant", explique Benjamin Lemaire, co-gérant de la société UDH, chargée des opérations.
Le principe retenu par les spécialistes repose en partie sur le caractère surnageant du goudron : la matière reste en surface et peut donc être captée par des dispositifs flottants. Le processus de récupération est toutefois lent. Les agents notent que le mouvement de l'eau, accentué par le passage des embarcations, aide à détacher le goudron incrusté sur les rochers et la végétation des berges, entraînant ensuite ces résidus vers les barrières absorbantes où ils sont collectés.
Les opérations manuelles, quand elles sont nécessaires, se heurtent aux contraintes du terrain. Nettoyer des berges encombrées de rochers et de végétation revient à une action délicate et parfois périlleuse pour les équipes intervenantes. C'est pourquoi l'intervention mise sur un couplage entre procédés mécaniques et recours au ruissellement naturel du fleuve.
| Élément | Mesure |
|---|---|
| Source | Ancienne usine andennaise |
| Distance de berges touchées | 3 à 4 km |
| Dispositifs déployés | Barrages flottants, boudins absorbants, nettoyage des berges |
Les autorités et les entreprises en charge du chantier insistent sur la durée nécessaire pour un retour à une situation normale. Outre l'opération visible en surface, des évaluations plus fines de l'impact sur la faune aquatique et les sédiments seront menées. Des restrictions temporaires d'accès à certaines berges ou activités nautiques ne sont pas à exclure tant que la dépollution est en cours.
Pour les riverains et les usagers du fleuve : rester à distance des zones concernées, signaler toute présence de résidus et suivre les consignes des services locaux permettront de limiter les risques et d'aider les équipes à travailler dans de bonnes conditions. Les services en charge continueront à communiquer l'évolution du chantier au fur et à mesure des opérations.