Un rassemblement tôt le matin devant le CHU
Ce lundi 6 juillet, une trentaine de salariés se sont retrouvés dès l'aube devant le nouveau Centre Hospitalier Universitaire de la Guadeloupe, situé à Belle-Plaine. Les manifestants représentaient plusieurs corps de métiers : agents de service hospitalier (ASH) et brancardiers, sages-femmes contractuelles, et manipulateurs en radiologie préoccupés par l'absence de médecins pour les accompagner.
Des pancartes qui parlent
Sur leurs banderoles, un slogan synthétise le mécontentement :
« Nouveau CHU / même problème »
Cette formule, visible dès l'entrée de l'hôpital, reflète la crainte que le déménagement vers des infrastructures neuves n'ait pas résolu des difficultés de fond : manque de personnel, conditions de travail et incertitudes sur les modalités de transfert.
Le cœur des revendications
Au centre du mouvement : le protocole d'accord daté du 12 mai relatif aux conditions des ASH, que les syndicats estiment non respecté. Parmi les points pointés du doigt figure l'organisation du temps de travail — par exemple la limite à quatre jours travaillés par semaine et des repos permettant un week-end sur deux — qui, selon les représentants, n'aurait pas été appliquée.
- Agents de service hospitalier / brancardiers : application du protocole du 12 mai.
- Sages-femmes contractuelles : demande de titularisation pour une vingtaine d'entre elles.
- Manipulateurs radio : inquiétude liée au manque de médecins pour les encadrer.
Interrogé par les syndicats présents, Sandro Sormain, secrétaire adjoint de la section UTS UGTG au CHU, a exprimé son incompréhension face à l'absence d'un protocole clair de transfert vers le nouveau site et les conséquences sur l'organisation :
"Le document du 12 mai est un protocole d'accord concernant les problématiques des ASH. Et ce protocole n'est pas respecté..."
Des craintes partagées par les sages-femmes
Les sages-femmes contractuelles, une vingtaine selon les témoins syndicaux, observent un débrayage lié à l'incertitude sur leur avenir professionnel. Raïssa Chatenay-Rivauday, sage-femme, a fait part de l'angoisse des plus anciennes : la titularisation leur assurerait une stabilité qui conditionne souvent des choix familiaux et de vie quotidienne.
Conséquences pour les usagers et perspectives
Si le mouvement se maintient, il peut impacter l'organisation des services et la prise en charge des patients. Les revendications portent sur des points structurels — rémunération, titularisation, effectifs et protocole de transfert — qui nécessitent selon les syndicats des réponses rapides de la direction du CHU et des autorités de tutelle.
| Problématique | Groupe concerné |
|---|---|
| Protocole du 12 mai non appliqué | ASH / brancardiers |
| Titularisations demandées | Sages-femmes contractuelles (environ 20) |
| Manque d'encadrement médical | Manipulateurs radio |
Pour l'heure, les syndicats réclament la communication immédiate du protocole de transfert et la mise en œuvre des mesures prévues le 12 mai. Ils menacent, si aucun dialogue constructif n'est engagé, d'amplifier la mobilisation. Les autorités hospitalières n'avaient pas publié de communiqué public au moment de la manifestation ; la suite dépendra des échanges à venir entre direction et organisations représentatives du personnel.
À Belle-Plaine, salariés comme usagers suivent de près l'évolution : dans un CHU neuf, les attentes sont grandes ; les personnels demandent que la modernité des bâtiments s'accompagne d'une amélioration concrète des conditions de travail.