Un bilan plus bas que prévu pour la canne guadeloupéenne
La campagne sucrière 2026 se clôt sur un résultat qui inquiète : 312 000 tonnes de canne ont été broyées, soit un niveau nettement inférieur aux prévisions. La filière attendait environ 418 000 tonnes, conséquence d'une saison marquée par des rendements affaiblis.
La production de sucre suit la même tendance : 24 000 tonnes obtenues contre 35 000 tonnes espérées. Ces chiffres constituent le plus faible bilan historique récent et ravivent les interrogations parmi les planteurs comme chez l'industriel.
Les explications avancées par la direction de l'usine mettent en avant la baisse des rendements au champ plutôt qu'une réduction des surfaces cultivées. Plusieurs facteurs sont évoqués : replantations moins nombreuses, apports d'engrais réduits et difficultés d'entretien des parcelles.
« Ce n'est pas qu'il y a moins de cannes plantées, c'est que la canne plantée génère moins de tonnage... principalement, ce sont les entretiens qui ont été moins bien faits, moins bien réalisés, l'amendement qui a été fait de façon moindre, vraisemblablement. »
Pour la direction, relancer les replantations apparaît urgent afin d'éviter une détérioration durable de la ressource. La campagne retardée n'a pas empêché de broyer l'ensemble de la canne disponible à l'usine Gardel, mais elle n'a pas suffi à compenser la chute du rendement.
- 312 000 t : canne broyée (réalisé)
- 418 000 t : canne attendue (prévision)
- 24 000 t : sucre produit (réalisé)
- 35 000 t : sucre espéré (prévision)
| Indicateur | Prévision | Réalisation 2026 |
|---|---|---|
| Canne broyée (tonnes) | 418 000 | 312 000 |
| Sucre produit (tonnes) | 35 000 | 24 000 |
Sur le terrain, la lecture est plus concrète : les exploitants ont observé des parcelles moins productives, alors même que les années précédentes affichaient de meilleurs rendements sur des surfaces comparables. Les hypothèses avancées — moindres replantations, usage réduit d'amendements et d'engrais, économies sur la protection des cultures — renvoient à des contraintes économiques subies par les planteurs.
Conséquences : une rentrée de matière première moindre pour l'industrie, des revenus agricoles comprimés et, potentiellement, une nécessité d'adapter à court et moyen terme les stratégies de culture et de transformation. Les acteurs du secteur appellent désormais à des mesures pour soutenir les replantations et l'entretien des parcelles afin de redresser la production.
À court terme, la question qui se pose pour la Guadeloupe est celle de la résilience de sa filière sucrière face à ces chocs répétés : quelles aides techniques et financières mobiliser pour encourager les replantations et restaurer les rendements ? Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la filière parviendra à inverser la tendance.