Rassemblement devant la Fédération des chasseurs, après une opération escargot
Une quarantaine d’exploitants agricoles, accompagnés d’environ dix tracteurs, se sont réunis mardi matin devant la Fédération départementale des chasseurs à Vals‑près‑le‑Puy. Le rassemblement constitue la première étape d’un trajet débuté plus tôt par une opération escargot sur la RN88 au départ de Saint‑Maurice‑de‑Lignon.
Les manifestants dénoncent des dégâts répétés sur leurs parcelles, affectant semis, prairies et cultures de céréales. Témoignages et constats concordent : les ravages se multiplient et compromettent l’approvisionnement en fourrage pour la prochaine saison.
Des troupeaux de sangliers de plus en plus importants
Plusieurs agriculteurs rapportent des dommages sévères. Jean‑Louis, installé à Roche‑en‑Régnier, évoque des prairies « retournées » à deux reprises au moment des semis et du printemps ; sur une parcelle de 5 hectares de blé, il n’a pu récolter qu’un seul hectare. Une agricultrice de Vorey‑sur‑Arzon met en avant l’impact de la sécheresse : « on sème des prairies pour l’année prochaine mais elles sont déjà ravagées », ce qui réduira le volume de fourrage disponible pour les troupeaux.
« Les sangliers il y en a tellement qu’il y a une population qui est en train de s’étendre et sur l’ensemble du département on a 24 communes qui ont été classées sensibles en 2026. »
Selon Nicolas Merle, président de la FDSEA43, certains secteurs sont particulièrement affectés : Saint‑Maurice‑de‑Lignon, Beauzac, Beaux et Retournac. Le syndicat pointe une territorialisation du phénomène : des zones jusque‑là épargnées voient désormais des dégâts récurrents.
Chiffres et observations nocturnes
Les bilans font ressortir une tension entre les plafonds d’indemnisations et les pertes constatées par les agriculteurs. En 2025, 2 800 sangliers ont été abattus dans le département, mais le nombre total reste difficile à établir. Lors de comptages nocturnes réalisés avec lunettes thermiques, il a été observé que l’on peut « potentiellement arriver à compter un cochon à la minute » en se limitant aux routes goudronnées, sans prospecter les sous‑bois, ce qui illustre l’ampleur du phénomène.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Agriculteurs mobilisés | ~40 |
| Tracteurs présents | ~10 |
| Sangliers abattus en 2025 | 2 800 |
| Communes classées sensibles (2026) | 24 |
Exigences et perspectives locales
Les agriculteurs demandent des mesures plus efficaces pour réduire les populations de sangliers et limitent les zones sensibles. Ils estiment que les indemnisations ne couvrent pas l’intégralité des préjudices, notamment lorsque des prairies destinées au fourrage sont détruites à répétition. Leurs représentants syndicalistes appellent à une coordination renforcée entre les services de l’État, les fédérations de chasse et les collectivités afin d’apporter des réponses durables.
- Zones évoquées comme les plus touchées : Saint‑Maurice‑de‑Lignon, Beauzac, Beaux, Retournac.
- Conséquence immédiate : perte de récolte, diminution du fourrage disponible.
- Attente : ajustement des dispositifs de régulation et des indemnisations.
Alors que la saison froide approche et que la pression sur les surfaces fourragères se fera sentir, la mobilisation traduit une inquiétude profonde des exploitants pour la viabilité de leurs productions. Le dialogue entre acteurs locaux et autorités sera déterminant pour tenter d’enrayer une progression qui, selon les témoignages, ne semble pas prête de s’atténuer.