Des images choquantes montrant un cerf sans tête au bord d’un chemin communal ont récemment circulé sur les réseaux sociaux, alimentant des accusations de braconnage dans le secteur de La Romaine, en Haute‑Saône. L'étude des faits menée localement, confirmée par la préfecture, restitue cependant un scénario différent : il s’agit d’un animal gravement blessé lors du brame, abattu ensuite pour mettre fin à ses souffrances.
Découverte et prise en charge
Le 11 octobre, un membre de l’association de chasse locale découvre le cervidé allongé sur l’accotement de la route reliant Pont‑de‑Planches à Noidans‑le‑Ferroux, à l’entrée de la forêt. L’animal est encore vivant mais présente des blessures sévères, des yeux crevés et des plaies fortement infectées. Impossible à déplacer et présentant un risque pour la circulation, il fait l’objet d’une demande d’intervention auprès de l’Office français de la biodiversité (OFB).
« Une scène d’horreur », rapporte l’adjoint au maire Olivier Girard.
Sur instruction de l’OFB, les chasseurs procèdent à l’abattage pour abréger les souffrances du cerf. La préfecture a ensuite confirmé que les procédures réglementaires avaient été respectées et qu’aucun élément ne permettait d’établir un acte de braconnage.
Le contexte : le brame, saison de combats violents
Le récit diffusé par les élus locaux et par France 3 Franche‑Comté précise que les marques observées sur le corps de l’animal correspondent aux blessures causées par d’autres mâles pendant la période du brame (mi‑septembre à mi‑octobre). Ces affrontements, parfois très violents, peuvent provoquer perforations, atteintes oculaires et plaies qui s’infectent rapidement. Affaiblis par une alimentation réduite pendant le rut, certains cerfs succombent lentement à leurs blessures.
- Date de la découverte : 11 octobre (signalée localement)
- Lieu : accotement de la route entre Pont‑de‑Planches et Noidans‑le‑Ferroux
- Intervenants : association de chasse locale, Office français de la biodiversité, préfecture
Enjeux locaux et réactions
La diffusion de photos très explicites a provoqué une réaction vive sur les réseaux, certains internautes accusant immédiatement des actes de braconnage. Les autorités locales insistent sur la nécessité de vérifier les circonstances avant de tirer des conclusions et rappellent le cadre légal encadrant l’intervention sur un animal sauvage en souffrance.
| Élément | Observations |
|---|---|
| État de l'animal | Vivant à la découverte, plaies infectées, yeux crevés |
| Intervention | Abattage décidé par l'OFB pour raisons sanitaires et de sécurité |
| Qualification judiciaire | Préfecture : pas de braconnage établi |
Sur le terrain, la situation soulève des questions pratiques : comment concilier la protection de la faune sauvage et la sécurité routière, et comment mieux informer les riverains pour éviter la propagation d’accusations infondées ? Les autorités rappellent que toute découverte similaire doit être signalée aux services compétents afin qu’ils puissent évaluer la situation et intervenir dans le respect de la réglementation.
Cette affaire illustre enfin la violence parfois méconnue des rituels naturels : le brame attire les curieux pour son spectacle sonore et visuel, mais il est aussi la période de combats où des mâles peuvent infliger des blessures fatales à leurs congénères.
Les services de l’État poursuivent leurs vérifications et appellent au calme et à la prudence face aux images partagées massivement en ligne.