Une réponse locale à une double pénurie
Face à des postes d’animateur périscolaire et d’auxiliaire de vie scolaire (AESH) de plus en plus difficiles à pourvoir, les acteurs locaux ont imaginé une solution mixte. Depuis 2024, une formation qualifiante baptisée accompagnant animateur spécialisé handicap (AASH) prépare des demandeurs d’emploi aux deux missions : l’accompagnement individuel d’élèves en situation de handicap en classe et l’animation des temps périscolaires.
Portée par France Travail, la direction académique des Hauts-de-Seine et le Greta local, la formation s’inscrit dans une logique pragmatique : assembler des compétences complémentaires pour offrir un contrat de travail annualisé et proche d’un temps plein.
Modalités concrètes et premiers territoires testés
Le dispositif combine 425 heures d’enseignement théorique et des stages pratiques sur quatre mois. À l’issue, deux types de contrats sont proposés simultanément : un contrat de 24 heures avec l’Éducation nationale pour l’accompagnement en classe, et un contrat complémentaire — 11 heures — proposé par les villes partenaires pour des missions d’animation (cantine, mercredis, vacances).
- Durée de la formation : 4 mois (425 heures)
- Durée des contrats : 24 h avec l’Éducation nationale + 11 h avec la commune
- Communes pilotes : Châtenay-Malabry et Asnières-sur-Seine
| Commune | Population |
|---|---|
| Châtenay-Malabry | 35 820 |
| Asnières-sur-Seine | 93 940 |
Un recrutement exigeant et tripartite
Les sessions attirent un public varié. Pour la première promotion en 2025, 80 personnes sont venues aux réunions d’information et 15 stagiaires ont été retenus. La sélection implique la direction académique, France Travail et les équipes de formation du Greta, ainsi que les services municipaux des communes partenaires, qui évaluent la motivation et l’aptitude au contact avec l’enfant.
«Elle attire des profils différents, et la formation en amont de la signature du contrat les fidélise»
Les promoteurs du dispositif soulignent l’intérêt d’un parcours préparatoire : former avant d’embaucher limite l’attrition et favorise une intégration plus rapide dans des postes souvent qualifiés de précaires ou à temps partiel.
Perspectives et limites
Fort du succès initial, le projet vise déjà à doubler le nombre de candidats formés d’ici 2027. Reste à mesurer l’adéquation à long terme : les postes créés permettent-ils une stabilité professionnelle suffisante ? Les collectivités devront aussi harmoniser les pratiques de gestion des temps de travail annualisés et garantir la continuité éducative pour les enfants en situation de handicap.
À l’échelle locale, si ce dispositif montre son efficacité, il pourrait servir de modèle pour d’autres communes des Hauts-de-Seine confrontées aux mêmes tensions, tout en offrant une solution pragmatique pour garantir la présence d’adultes formés sur tous les temps de l’enfant.