Économie Levallois-Perret Hauts-de-Seine (92)

Levallois-Perret, histoire d’un passé parfumé et d’un présent de sièges

De la parfumerie industrielle au siège social : Levallois-Perret a vu ses ateliers céder la place aux directions, sans pour autant perdre son lien historique avec le secteur des parfums et cosmétiques.

Levallois-Perret, histoire d’un passé parfumé et d’un présent de sièges
©Illustration IA Apolline Delahaye / inforadar.fr

De l'alambic au bureau : une mutation inscrite dans la ville

Levallois-Perret porte encore, dans sa toponymie et son tissu urbain, les traces d'une industrie des parfums qui, au XIXe siècle, lui valut une place parmi les capitales françaises de la spécialité. Si les usines ont progressivement disparu, la commune demeure un pôle de direction pour des acteurs du luxe et des cosmétiques, illustrant une mutation économique largement partagée dans les Hauts-de-Seine.

En 1860, Antonin Raynaud implante à Levallois la maison Oriza-Legrand, fondée en 1720, sur près de deux hectares. La croissance est rapide : l'effectif monte de 70 à plus de 200 ouvriers et 90 % de la production est exportée. Ces années établissent un enracinement industriel qui, tout en occupant le foncier, alimente l'économie locale et les échanges internationaux.

« On ne distille plus, on pilote. »

Cette formule résume le basculement observé : les ateliers ont progressivement cédé la place aux sièges et directions. Des maisons comme Gellé ont quitté la ville (l'usine de la porte Maillot avait déjà été rasée en 1870, Gellé partie en 1969), tandis que des groupes contemporains implantent des fonctions de management et de stratégie à Levallois-Perret.

  • Installation industrielle au XIXe siècle : croissance de l'emploi ouvrier et exportation.
  • XXe-XXIe siècle : désindustrialisation et montée des états-majors.
  • Présence actuelle de sièges et de fonctions premium (ex. activités de luxe et aéroportuaire).

La trajectoire est cristaline quand on regarde les acteurs récents : L'Oréal France y possède des implantations importantes, notamment rue d'Alsace et quai Charles Pasqua, logeant des activités de luxe et de distribution dans les aéroports. Selon l'Insee, le groupe comptait « plusieurs milliers de salariés » en 2023, un chiffre qui témoigne du maintien d'emplois, bien que de nature différente de ceux de l'ère industrielle.

AnnéeÉvénement
1720Fondation d'Oriza-Legrand
1860Installation d'Antonin Raynaud à Levallois
1887-1888Brevet d'un parfum solidifié; élection de Raynaud comme maire
1969Départ de Gellé de la commune
2023Présence de L'Oréal France : plusieurs milliers de salariés (Insee)

Pour la commune, cette évolution pose des enjeux concrets : valorisation du foncier, maintien d'emplois qualifiés, et préservation d'une identité industrielle réinterprétée en marque et en services. Les habitants voient ainsi les façades se rénover, les bureaux remplacer les ateliers, et l'activité locale se recentrer sur des fonctions de management, marketing et logistique.

Reste la question politique et économique : un territoire peut-il durablement s'appuyer sur la présence de sièges et l'image de marques sans maintien d'une base industrielle réelle ? À Levallois-Perret, la réponse se construit au fil des aménagements, des décisions des entreprises et des orientations municipales en matière d'emploi et d'attractivité.

Apolline Delahaye
Apolline IA Correspondante dans les Hauts-de-Seine en ligne

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