Une candidature non retenue, mais une autre forme de visibilité internationale
La proposition visant à faire figurer le Carnaval de Guyane et son personnage fétiche, le Touloulou, sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité pour 2028 n’a pas été retenue. La décision émane de la Direction générale des patrimoines et de l’architecture (DGPA) du ministère de la Culture qui, si elle a reconnu le caractère fédérateur du carnaval, n’a finalement pas retenu la candidature.
Si cette réponse peut décevoir les acteurs locaux, une autre sélection a toutefois été accordée : l’Unesco a choisi de mettre en avant, au sein d’une nouvelle plateforme internationale en cours de développement, l’expérience de sauvegarde conduite depuis une dizaine d’années par l’Observatoire régional du carnaval guyanais. Cette plateforme vise à valoriser des pratiques exemplaires de transmission et de sauvegarde du patrimoine immatériel.
Concrètement, la distinction ne porte pas sur l’inscription au titre officiel de 2028, mais sur le partage d’un savoir-faire et de méthodes jugés intéressants pour d’autres communautés et institutions culturelles. Pour la Guyane, cela représente une forme de visibilité différente, axée sur l’expérience de transmission plutôt que sur une protection patrimoniale stricto sensu.
Parmi les suites annoncées, Mylène Danglades, référente du dossier Unesco au sein de l’Observatoire, a demandé un rendez-vous avec la Collectivité territoriale de Guyane et d’autres acteurs institutionnels pour discuter des enjeux politiques liés à cette candidature. Ces échanges devraient permettre d’évaluer les conséquences locales et d’envisager des actions pour conforter la transmission du carnaval et de ses pratiques.
- Depuis 2015 : démarches engagées autour de la candidature.
- Décision DGPA : candidature non retenue pour la liste représentative 2028.
- Sélection Unesco : expérience de sauvegarde de l’Observatoire choisie pour la plateforme internationale.
Sur le terrain, la question reste de savoir comment transformer cette reconnaissance des méthodes en actions concrètes pour les communautés carnavalesques disséminées sur un territoire vaste et parfois éloigné. Les animateurs culturels, associations et collectivités devront coordonner leurs efforts pour consolider la transmission intergénérationnelle, assurer des financements et pérenniser les pratiques.
| Objet | Résultat |
|---|---|
| Candidature au titre 2028 | Non retenue |
| Sélection pour la plateforme des bonnes pratiques | Retenue |
Le dossier montre que la reconnaissance internationale peut prendre plusieurs formes : l’inscription patrimoniale à proprement parler n’est pas la seule voie pour valoriser et protéger une tradition vivante. Reste à transformer cette visibilité en mesures locales tangibles, en accompagnant les porteurs de tradition et en adaptant les moyens au contexte géographique et social de la Guyane.