Un appel à la priorité au nourrissage des animaux
La Confédération paysanne des Deux‑Sèvres tire la sonnette d’alarme : la sécheresse en cours réduit les récoltes de fourrage et met à mal la capacité des élevages à assurer l’alimentation de leurs animaux. Dans un communiqué diffusé récemment, le syndicat demande que le fourrage disponible soit priorisé pour l’alimentation des troupeaux plutôt que détourné vers les installations de méthanisation.
Le signal lancé dans le département s’appuie sur des pratiques déjà observées ailleurs en France, notamment en Bretagne, où les autorités ont invité à réserver le fourrage à la consommation animale. Pour la Confédération paysanne, la vocation première de l’agriculture reste la production alimentaire — pour les humains et les bêtes — et non la production d’énergie au détriment des stocks d’aliments.
Des contrôles jugés nécessaires
Le syndicat réclame des vérifications renforcées afin d’assurer la cohérence entre la capacité des méthaniseurs, les cheptels réellement présents et les approvisionnements déclarés. Selon la Confédération paysanne, il est inacceptable qu’un méthaniseur soit dimensionné sur des apports de substrats ou d’effluents qui n’existent pas sur le terrain.
« La vocation première de l’agriculture est de nourrir les humains et les animaux, pas de produire du gaz »
Le texte souligne également la situation de certaines prairies « qui grillent » et la perspective de stocks insuffisants pour passer l’hiver si rien n’est fait.
- Demandes du syndicat : prioriser l’usage alimentaire du fourrage et renforcer les contrôles des méthaniseurs.
- Risque mis en avant : pénurie de fourrage pour les élevages si l’approvisionnement est orienté vers la méthanisation.
- Menace d’actions : si des élevages se retrouvaient en manque critique, la Confédération paysanne se réserve la possibilité d’intervenir.
| Enjeu | Conséquence |
|---|---|
| Usage du fourrage | Alimentation animale vs. alimentation des méthaniseurs |
| Contrôles | Vérifier cohérence cubage/cheptel/approvisionnement |
| Conflit potentiel | Actions syndicales si pénurie critique |
Sur le plan local, cette alerte touche directement les exploitations d’élevage des Deux‑Sèvres, département où la production fourragère est essentielle pour les fermes laitières et d’élevage bovin. Les acteurs locaux — chambres d’agriculture, préfecture et gestionnaires d’unités de méthanisation — sont désormais sous pression pour clarifier les règles d’usage et garantir la sécurité alimentaire des troupeaux.
Concrètement, deux voies sont envisageables : la mise en place d’injonctions administratives pour réserver certaines ressources fourragères aux animaux, ou des contrôles renforcés des déclarations et des capacités techniques des installations de méthanisation. À défaut d’une réponse rapide et coordonnée, la Confédération paysanne prévient qu’elle pourrait lancer des actions ciblées pour défendre l’accès au fourrage des éleveurs.
Pour les exploitants et collectivités concernés, il est conseillé de :
- Faire un point rapide sur les stocks de fourrage et les besoins prévisionnels de l’hiver ;
- Documenter précisément les apports déclarés aux unités de méthanisation ;
- Engager le dialogue avec la chambre d’agriculture et les autorités pour éviter des mesures coercitives ou des tensions sociales.
La période à venir sera déterminante : la gestion du fourrage mobilisera à la fois des enjeux économiques, alimentaires et de transition énergétique. Les arbitrages locaux devront tenir compte de la première mission des exploitations agricoles — assurer l’alimentation des animaux — tout en intégrant la complexité d’un territoire où la méthanisation se développe.