Un dispositif expérimental pour restructurer le vignoble
Présidé le 9 juillet par Sophie Brocas, préfète de la région Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, et en présence de Jean-Pierre Raynaud et Lydia Héraud pour la Région, le deuxième comité de pilotage de la Foncière d’avenir en Gironde a validé les priorités d’action et les suites à donner à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé début mai. Ce mécanisme, co-construit par l’État, la Région, l’Établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine, les chambres consulaires, les banques partenaires et les collectivités, entend répondre aux difficultés structurelles de la filière viticole départementale.
Objectif affiché : redonner des perspectives aux exploitants, lutter contre les friches et favoriser l’émergence de projets agricoles diversifiés — qu’ils soient individuels ou collectifs — tout en accompagnant les transitions économiques et environnementales du territoire.
Des chiffres qui donnent le tempo
L’AMI, ouvert du 6 mai au 7 juin 2026, a mobilisé un volume important de candidatures : 430 dossiers représentant près de 4 400 hectares et plus de 6 500 parcelles à l’échelle du vignoble girondin. Parmi les déclarants, 65 % se disent propriétaires exploitants ; les motifs avancés pour s’inscrire à l’AMI sont majoritairement le départ à la retraite, la réduction d’activité et des cessations d’activité hors départ à la retraite.
| Type de cultures / état | Surface (ha) |
|---|---|
| Terres issues d’arrachage | 1 822 |
| Vignes en production | 1 204 |
| Terres en multiculture | 401 |
| Vignes engagées dans l’arrachage 2026 | 401 |
| Terres prés-jachères | 394 |
| Forêts | 74 |
| Arboriculture | 13 |
| Non renseigné | 53 |
Quelles suites pour la Foncière ?
Le comité a passé en revue ces résultats et arrêté les priorités pour la phase opérationnelle. Les premières orientations consistent à classer les dossiers selon leur faisabilité technique, leur intérêt économique et leur contribution aux objectifs environnementaux. La Foncière doit servir d’outil d’accompagnement : acquisition, portage temporaire de foncier, mise à disposition pour de nouveaux porteurs de projets ou pour des formes de gestion collective.
- Prioriser les parcelles stratégiques pour éviter l’isolement des exploitations et combattre les friches ;
- Soutenir les projets de diversification (agroécologie, circuits courts, activités complémentaires) ;
- Coordonner les acteurs locaux — collectivités, établissements fonciers, banques et syndicats agricoles — pour accélérer les montages.
Les partenaires insistent sur la nécessité d’un calendrier clair pour la montée en charge des opérations foncières, ainsi que sur la transparence des critères de sélection afin de préserver l’acceptabilité sociale des interventions sur le foncier viticole.
Enjeux et retombées locales
À l’échelle départementale, la Foncière d’avenir vise à répondre à plusieurs défis : anticiper les départs à la retraite d’exploitants, limiter la fragmentation parcellaire qui pèse sur la compétitivité, et accompagner la transition agroécologique. Pour les communes viticoles, les opérations pourraient permettre la réactivation de terres en friche, la création d’emplois locaux et une meilleure structuration de l’offre agricole.
Les prochaines étapes comprennent l’instruction détaillée des dossiers déposés et la concrétisation des premiers portages fonciers. Les services de l’État et de la Région, ainsi que les partenaires institutionnels, seront associés à chaque phase pour garantir le respect des objectifs économiques et environnementaux annoncés.
Un dispositif à suivre de près : ses décisions auront des répercussions directes sur l’avenir du vignoble girondin et sur l’aménagement rural du département.