Jugement à Périgueux après une nuit d'angoisse sur la route de l'étang
Au terme d'une audience au tribunal judiciaire de Périgueux, un jeune homme de 22 ans, domicilié à Montpon-Ménestérol, a été reconnu coupable de blessures routières avec incapacité n'excédant pas trois mois et de délit de fuite. Les faits, commis en sortie de discothèque à La Jemaye-Ponteyraud dans la nuit du 18 janvier, ont laissé derrière eux un paysage de détresse et de confusion. La peine prononcée : un an de prison ferme. L'intéressé, qui a reconnu les infractions, ne s’est présenté aux gendarmes qu’au bout de deux jours.
Une route étroite, une vitesse inadaptée et un chaos en chaîne
Peu avant 6 heures, sur la route communale à virages menant à l’étang de la Jemaye et à la discothèque Le Fadaclub, la Golf conduite par le prévenu surgit. Selon ses dires, il roulait à 70 km/h. En amont, un premier accident venait de se produire ; plusieurs automobilistes s’étaient déjà rangés pour porter secours. La voiture du jeune conducteur a fauché quatre personnes postées sur l’accotement, percuté deux véhicules, avant de finir sa course en contrebas. Le bilan humain s’alourdit alors : sept blessés, dont Julie (20 ans) et Emma (19 ans), plus gravement touchées.
« Un miracle qu’il n’y ait pas eu de morts »
Cette phrase, rappelée par l’avocat d’une partie civile, résonne avec le fracas de la nuit. La stupeur s’est transformée en colère quand le conducteur a quitté les lieux à pied, laissant intervenants et victimes au milieu des cris et des appels à l’aide. Devant le juge Romuald Oudjani, siégeant en juge unique, le prévenu, sans emploi et ayant choisi d’être jugé sans avocat, s’est montré avare d’explications. En garde à vue, il a reconnu avoir consommé de l’alcool (plusieurs verres de whisky-coca) et dit avoir « paniqué » en voyant les gyrophares.
Au tribunal, la sobriété des mots et le poids des faits
À l’audience, la ligne des faits ne vacille pas : reconnaissance des infractions, fuite, délais avant présentation aux gendarmes. La juridiction a retenu l’ensemble des qualifications et rendu une décision ferme. Les parties civiles, marquées par la scène et le départ précipité du conducteur, ont insisté sur l’onde de choc émotionnelle qui s’ajoute aux blessures physiques. Le ministère public a, lui, rappelé les enjeux de prévention sur ces axes secondaires où la nuit, l’ivresse et la vitesse tracent des trajectoires de tous les dangers.
Un secteur de loisirs, des routes à risques
La voie sinueuse qui dessert l’étang, ses abords forestiers et l’établissement de nuit se transforme chaque week-end en couloir étroit pour un trafic éclaté entre fin de service, bénévoles, noctambules et premiers lève-tôt. Ce soir-là, l’élan de solidarité consécutif au premier accrochage s’est retourné en drame collectif. Les témoins décrivent une séquence où l’élan d’entraide s’est heurté à une vitesse inadaptée pour un environnement déjà accidenté.
Les points saillants de l'enquête
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date et heure | 18 janvier, peu avant 6 h |
| Lieu | Route communale vers l’étang de la Jemaye et Le Fadaclub |
| Victimes | 7 blessés dont 2 plus gravement (Julie, 20 ans ; Emma, 19 ans) |
| Comportement | Départ à pied après le choc, présentation aux gendarmes 48 h plus tard |
| Consommation | Plusieurs verres de whisky-coca reconnus |
| Décision | Un an de prison ferme |
Prévenir les enchaînements d’accidents
Si l’affaire appartient désormais au casier judiciaire, elle rappelle des réflexes utiles lorsqu’un accident survient : se signaler rapidement, baliser en amont si possible, éloigner les personnes de la chaussée, et attendre l’arrivée des secours. Dans un territoire de lacs, de virages et de petites routes boisées, chaque geste compte pour éviter le suraccident. Ici, ce sont sept trajectoires de vie qui ont croisé une nuit trop rapide, au mauvais endroit.
- Un conducteur de 22 ans condamné après un suraccident et un délit de fuite.
- Sept blessés, dont deux jeunes femmes plus gravement touchées.
- Une route étroite vers l’étang et la discothèque, théâtre d’une chaîne d’imprévus.
La justice est passée. Reste à refermer, pour les victimes, un chapitre où l’on a frôlé l’irréparable.