Un club stoppe ses sorties sur la Meuse par prudence
Depuis plus de quatorze jours, le Royal Beez Boating Club a décidé d’interrompre ses activités sur la Meuse. La décision fait suite à l’observation, lors d’une sortie en soirée fin juillet, d’une eau fortement colorée : en plongeant une lampe dans le fleuve, les bénévoles ont constaté une teinte « particulièrement verte ». Par mesure de sécurité, la direction de l’ASBL a annulé des séances et un stage destiné aux enfants.
"C'est une suspicion, soupire Fabienne de Broeck, coprésidente de l'ASBL. [...] Les cyanobactéries ne sont pas uniquement dangereuses lorsqu'elles sont ingérées. Elles peuvent aussi irriter la peau, les yeux…"
La coprésidente explique n’avoir pas souhaité prendre de risque pour les adhérents ni assumer une responsabilité juridique en cas de problème de santé. Elle évoque la possibilité, pourtant refusée, d’une simple décharge signée par les parents : un litige demeure quant aux conséquences si un membre venait à tomber malade.
Des analyses difficiles à obtenir pour les associations
Contactée, la direction générale se plaint du parcours administratif pour obtenir des analyses de l’eau. Le Service Public de Wallonie (SPW) a renvoyé vers l’ISSEP (Institut Scientifique de Service Public) et a indiqué que, pour commander une analyse, il faudrait en assumer le coût. Ce point met en lumière la difficulté pour les structures locales d’accéder rapidement à des expertises lorsque l’alerte provient d’usagers.
- Durée : interruption des activités depuis plus de deux semaines.
- Constat déclencheur : observation d’une eau « particulièrement verte » lors d’une sortie fin juillet.
- Conséquences : annulation d’un stage enfants et arrêt des sorties collectives.
Du côté du SPW, le porte-parole Nicolas Yernaux rappelle qu’il existe une distinction dans la politique de surveillance entre voies navigables (comme la Meuse ou la Sambre) et voies non navigables. Selon lui, la philosophie wallonne n’impose pas les mêmes tests systématiques sur les voies navigables que sur d’autres cours d’eau, ce qui laisse une large place à l’évaluation locale, notamment par les clubs de navigation.
Un sentiment d’exaspération chez les usagers
Après vingt ans d’engagement au sein de l’ASBL, la coprésidente fait part d’une impression inédite : elle n’a jamais vu la Meuse dans un tel état. Elle met en cause l’apport d’« alluvions » venant de la Sambre, estimant que les pollutions remontent et se concentrent sur certains tronçons. Elle regrette l’absence de panneaux clairs autorisant ou interdisant la baignade ou l’usage sportif sur des points précis, contrairement à ce qui se pratique en Flandre.
Pour les pratiquants et les familles, l’incertitude prévaut : pratiquer ou s’abstenir ? Attendre des analyses officielles, dont l’accès peut être long et payant, ou reprendre les activités au risque d’exposer des enfants et des adultes à des irritations ou à des toxines ? Le choix du club a été, pour l’heure, celui de la prudence.
| Élément | Information connue |
|---|---|
| Déclencheur | Observation d'une eau verte fin juillet |
| Durée | Suspension depuis plus de deux semaines |
| Acteurs | Royal Beez Boating Club, SPW, ISSEP |
Sur le temps long, cette affaire soulève la question de la prévention et de la coordination entre autorités et acteurs locaux pour des cours d’eau fréquentés par des sportifs et des familles. Les riverains attendent désormais des informations claires et des mesures adaptées aux zones de pratique, afin que la Meuse demeure un espace partagé en sécurité.