Un festival qui affirme son identité insulaire
Créé en août 2018, le festival de l'Olmu revient cet été pour sa neuvième édition, une étape que son équipe accueille comme la confirmation d'un ancrage durable dans le paysage culturel corse. L'événement privilégie cette année une programmation tournée vers les créateurs locaux : sur les quatorze spectacles principaux annoncés, douze sont portés par des équipes insulaires, une seule compagnie vient du continent.
"Quand j'ai lancé le festival, je ne m'attendais pas forcément à ce que l'on arrive jusque-là"
Ces mots de Paul Fortini, créateur et directeur artistique de la manifestation, témoignent d'une trajectoire patiente mais déterminée. Mettre en lumière les écritures contemporaines, accompagner les artistes corses et donner une place importante à la langue corse : telles restent les ambitions affichées.
Une programmation mêlant théâtre, danse et musique
La sélection présentée s'appuie sur des créations et des traductions récentes, avec des propositions en corse ou bilingues. Le jeune auteur ajaccien Pierre-Antoine Mangoni verra l'un de ses textes, Laverie, joué le 2 août à 19 heures. La soirée d'ouverture proposera, sur la place de l'église, la mise en scène de J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne de Jean‑Luc Lagarce par la compagnie Le Partage de minuit, qui jouera également le 4 août.
Parmi les autres temps forts : la présentation, le 7 août, de Les Perturbés dans les lilas, unique texte théâtral de la poétesse argentine Alejandra Pizarnik, proposé dans une traduction récente et accueilli dans la cour de l'école primaire. La danse contemporaine est représentée par Le rapt du sourire de Laura Desideri, création hybride mêlant danse, théâtre et masque.
Côté musique : éclectisme et scènes locales
La programmation musicale, éclectique, mêle propositions pop indé et soirées rassemblant plusieurs artistes. Le projet pop indé Nepita figure au programme le 7 août, en prélude à une soirée de clôture prometteuse où se succéderont différents artistes.
- Origine des spectacles : 12 productions corses, 1 venue du continent, 1 autre origine non précisée.
- Langues : plusieurs propositions corsophones ou bilingues.
- Formats : théâtre, danse, musique, lectures et créations contemporaines.
Le choix d'une programmation majoritairement insulaire résulte en grande partie d'un travail de repérage sur le terrain : "Nous avons quasiment trouvé toute notre programmation en Corse, en sillonnant l'île", explique l'équipe organisatrice. Cette proximité avec les artistes locaux renforce les liens entre festival et territoires, et offre aux habitants l'occasion de découvrir des créations souvent produites à quelques dizaines de kilomètres.
| Date | Spectacle / projet | Notes |
|---|---|---|
| 2 août | Laverie (Pierre‑Antoine Mangoni) | 19 h |
| 4 août | J'étais dans ma maison... (Jean‑Luc Lagarce) | Représentation supplémentaire |
| 7 août | Les Perturbés dans les lilas (A. Pizarnik) | Cour de l'école primaire |
| 7 août | Nepita | Concert pop indé |
Au-delà du spectacle vivant, le festival se veut aussi un espace de transmission et de valorisation des langues et des écritures insulaires. Pour les villages qui l'accueillent, c'est un moment de respiration culturelle en plein été, où la place du village et la cour d'école redeviennent scène et agora.
En préparant déjà un dixième anniversaire que l'équipe imagine plus ambitieux encore, le festival de l'Olmu affirme sa volonté de poursuivre le développement d'une scène corse contemporaine, fidèle à ses racines tout en restant ouverte aux rencontres et aux traductions.