Un signalement transmis au parquet après des propos tenus devant un lycée bloqué
À Saint‑Denis, la polémique ne retombe pas. Le maire insoumis Bally Bagayoko a confirmé, jeudi 1er octobre sur franceinfo, ne pas revenir sur des paroles prononcées mardi lors d’un rassemblement devant le lycée Paul‑Éluard, où il s’était rendu en soutien au mouvement de blocage des établissements scolaires. Ces propos lui valent un signalement au parquet de Bobigny pour « provocation à commettre un délit », transmis par le préfet de police de Paris.
Le signalement met en avant des passages de son intervention qui, d'après la préfecture, présentent « la réaction violente comme pouvant être une réponse compréhensible ou légitime à l’action des forces de l’ordre ». La préfecture signale aussi des images le montrant accueilli par des lycéens, puis riant près d’une poubelle en feu, un élément que l’administration juge problématique.
« la violence, à un moment donné, peut être légitime »
Interrogé sur franceinfo, l’élu a nié avoir incité quiconque : « je ne suis pas en train d’encourager la violence », a‑t‑il assuré, ajoutant qu’il avait appelé « les jeunes à ce que, surtout, ils n’agissent pas ». Il a défendu sa présence sur le terrain comme relevant de la mission d’un élu, évoquant son engagement lors de précédentes mobilisations pour le service public.
Sur le réseau X, Bally Bagayoko a par ailleurs dénoncé une mise en scène médiatique, estimant que des « citations tronquées et des vidéos biaisées » alimentaient la polémique. Il juge que l’attention portée à sa personne fait oublier les revendications portées par les lycéens.
Les enjeux locaux et les conséquences possibles
Cette affaire met en lumière plusieurs tensions : la relation entre élus et manifestations locales, la frontière entre solidarité et incitation, et la manière dont les autorités réagissent face aux blocages scolaires. Pour la préfecture, le signalement intervient « en application des instructions du ministre de l’Intérieur », ce qui montre la sensibilité nationale du dossier, même s’il se déroule dans une commune du 93.
- Position du maire : il maintient ses propos et se défend d'encourager la violence.
- Action préfectorale : transmission d'un signalement au parquet pour examen.
- Contexte : mouvement de blocage dans plusieurs lycées, dont Paul‑Éluard à Saint‑Denis.
| Date | Événement |
|---|---|
| 30 septembre | Intervention de Bally Bagayoko devant le lycée Paul‑Éluard (propos et images rendus publics) |
| 1er octobre | Préfecture saisit le parquet de Bobigny ; Bagayoko réaffirme ses propos sur franceinfo |
Sur le plan judiciaire, un signalement ne préjuge pas d'une mise en examen ; il déclenche une analyse du procureur de Bobigny pour déterminer s’il existe des éléments constitutifs d’une infraction. Localement, la polémique risque d’entretenir la crispation entre représentants de l’ordre, élus et jeunes manifestants, alors même que les blocages scolaires se poursuivent ailleurs en Île‑de‑France.
À Saint‑Denis, où la parole des autorités locales pèse sur le climat social, la suite donnée par la justice et la manière dont les acteurs locaux — direction du lycée, parents, municipalité — géreront les tensions détermineront si cet épisode restera un coup de projecteur passager ou s’il alimentera un conflit plus long.