Une nouvelle ambition collective pour le raisin de table
Face à la baisse de la demande pour le chasselas de Moissac et à l’envolée des coûts de production, les professionnels du raisin de table du Tarn-et-Garonne ont choisi de se rassembler. Il y a un an est née AIRSO (Association interprofessionnelle des raisins du Sud-Ouest), qui fédère producteurs et metteurs en marché afin de structurer une offre locale et remobiliser la filière.
Regroupant environ 200 agriculteurs, AIRSO veut d’abord répondre à une attente des distributeurs : proposer du raisin « sans pépin », plus prisé des consommateurs. «
La création d’AIRSO est née d’un constat», résume l’un des dirigeants de l’association. L’objectif est clair : stopper l’érosion des parts de marché de la variété historique et proposer une gamme compétitive face aux importations.
Le Tarn-et-Garonne constitue le deuxième bassin de production français du raisin de table (après le Sud-Est), avec une production annuelle d’environ 7 500 tonnes. La structure des cultures y est aujourd’hui la suivante :
| Type | Part de la production |
|---|---|
| Chasselas | 42 % |
| Raisin avec pépins (hors chasselas) | 38 % |
| Autres (dont sans pépin) | 20 % |
Ces chiffres expliquent la stratégie : diversifier l’offre régionale pour capter la clientèle qui, aujourd’hui, se tourne majoritairement vers des raisins importés d’Espagne ou d’Italie.
Concrètement, AIRSO travaille sur plusieurs volets parallèles :
- la structuration d’une filière collective pour harmoniser qualité et volumes ;
- l’accompagnement technique des producteurs vers des variétés sans pépin ;
- la mise en marché coordonnée pour gagner en visibilité face à la grande distribution.
Quelques initiatives individuelles existaient déjà dans le département ; AIRSO vise désormais à les transformer en une dynamique commune capable de peser sur les prix et les circuits de vente. Du point de vue des producteurs, l’enjeu est économique mais aussi social : permettre la viabilité des exploitations face à la hausse des charges.
À court terme, la réussite dépendra de la capacité des acteurs à produire des volumes réguliers et compétitifs, et à convaincre les enseignes nationales d’intégrer davantage de raisin local en rayon. Pour le Tarn-et-Garonne, la montée en puissance d’une offre « sans pépin » pourrait contribuer à préserver des emplois agricoles et à redonner de la valeur ajoutée à une production au passé identitaire fort.
Reste à suivre le calendrier des premières commercialisations et la réaction des marchés : AIRSO a planté la graine, il faut maintenant transformer l’essai pour que le raisin de table redevienne une filière prospère du département.