Un appel à la cohérence sur les grands projets métropolitains
À Bordeaux, l’opposition écologiste à la Métropole hausse le ton face au soutien exprimé par le président Thomas Cazenave au projet d’EPR2 dans le Blayais. Au cœur de la critique : la cohérence entre les priorités publiques affichées et la multiplication de projets industriels, énergétiques et numériques présentés comme consommateurs de ressources, au premier rang desquelles l’eau. Le groupe écologiste, par la voix de sa porte-parole Sylvie Cassou-Schotte, réclame une évaluation conjointe des impacts, plutôt qu’un examen séparé de chaque dossier.
« Bordeaux Métropole ne peut pas faire de l’eau sa ‘‘grande cause métropolitaine’’ tout en multipliant les projets industriels, énergétiques et numériques ultra-consommateurs. Il est temps d’évaluer leurs impacts cumulés plutôt que de les examiner un par un. »
La demande vise expressément trois chantiers cités par l’opposition : l’EPR2 envisagé dans le Blayais, le projet Emme et le supercalculateur BXIA. Ce dernier avait d’ailleurs été porté par une précédente majorité PS–Verts, rappelle le groupe, qui insiste sur la nécessité d’une lecture d’ensemble des effets techniques, énergétiques et environnementaux.
Investissements et priorités publiques sous tension
Au-delà de l’empreinte sur les ressources, l’opposition place le débat sur le terrain des choix d’investissements à long terme. Elle juge qu’engager des sommes considérables pour de nouvelles infrastructures nucléaires repousse d’autres chantiers jugés urgents au niveau local et national : l’adaptation au changement climatique, la rénovation du bâti et le développement des énergies renouvelables.
« Engager plusieurs dizaines de milliards d’euros dans de nouveaux réacteurs qui ne verront pas le jour avant 2040, c’est faire le choix de retarder les investissements dont nous avons besoin aujourd’hui : l’adaptation au changement climatique, la rénovation des logements et le développement des énergies renouvelables. »
Cette interpellation intervient alors que l’eau a été déclarée grande cause métropolitaine. Les écologistes estiment que ce cap ne peut se concilier qu’avec une analyse transversale des besoins en eau et des consommations induites par les projets en cours d’instruction ou de négociation.
Quels projets sont visés ?
Les élus d’opposition listent trois axes majeurs, dont ils demandent l’examen simultané des effets cumulés, notamment sur la ressource en eau et l’empreinte énergétique :
- EPR2 dans le Blayais : projet de nouveau réacteur nucléaire, objet d’un soutien affiché par la présidence métropolitaine.
- Emme : un projet cité par l’opposition parmi les dossiers industriels/énergétiques à forte intensité de ressources.
- Supercalculateur BXIA : équipement numérique de très haute performance, anciennement soutenu par une majorité PS–Verts.
Pour les écologistes, c’est l’addition de ces volets – et non leur traitement séquentiel – qui doit guider la décision publique.
Demande d’une méthode « globale et transparente »
Le groupe écologiste appelle Thomas Cazenave à « sortir d’une logique d’examen projet par projet » et plaide pour un cadre d’évaluation partagé. L’objectif affiché : mesurer, à l’échelle métropolitaine, les effets conjoints sur l’eau, l’énergie et l’environnement, en intégrant les interactions entre filières industrielles, infrastructures énergétiques et besoins numériques.
Concrètement, l’opposition demande que l’instruction des dossiers s’accompagne d’indicateurs communs et d’une lecture agrégée, afin de mieux hiérarchiser les priorités et d’éclairer les arbitrages publics. Elle souligne que l’information doit être accessible et le processus documenté pour le public comme pour les élus.
Enjeux locaux : eau, logement et adaptation climatique
La ressource en eau est mise au centre du débat, dans un contexte où la Métropole revendique cette thématique comme axe majeur de politique publique. À cela s’ajoutent des enjeux concrets : la nécessité d’orienter des budgets vers la rénovation de l’habitat, l’adaptation aux aléas climatiques et la montée en puissance des renouvelables, régulièrement évoqués dans les politiques territoriales.
Pour l’heure, la prise de position émane des élus écologistes d’opposition. Ils ont formalisé une demande d’évaluation cumulative et de transparence, sans qu’une réponse officielle de l’exécutif métropolitain ne soit mentionnée dans cette communication. La balle est désormais dans le camp de la présidence de Bordeaux Métropole pour préciser la méthode retenue autour de ces dossiers structurants.