Un face-à-face éprouvant au tribunal de Mont-de-Marsan
À la cité judiciaire de Mont-de-Marsan, l’audience du 2 juillet 2026 a ravivé une blessure encore vive. Le couple agressé le soir de Noël 2025 s’est présenté, accompagné de son avocat, Pierre-Antoine Cazau, du barreau de Bordeaux. Face à eux, un prévenu de 23 ans, jusque-là inconnu de la justice, interpellé rapidement après les faits par les policiers montois. Le ministère public a requis une peine de dix mois d’emprisonnement.
Des violences lourdes de conséquences
Les deux victimes, toujours en arrêt de travail, poursuivent un long parcours de soins. Transportées à l’hôpital Layné le soir des faits, elles présentent des séquelles documentées. L’un a subi des fractures au niveau de la main et des contusions marquées à la hanche. L’autre souffre d’une fracture nasale et d’une plaie frontale importante, en plus de dents cassées. Pour ces habitants, la reconstruction s’annonce longue, sur les plans physique et psychologique.
| Victime | Lésions principales |
|---|---|
| Victime A | 2 fractures à l’annulaire droit, contusions à la hanche |
| Victime B | Fracture du nez, plaie frontale d’environ 10 cm, 2 dents fracturées |
Une requalification demandée, un mobile écarté
Initialement, une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité devait se tenir en avril. À la demande des parties civiles, l’audience a été reportée afin d’examiner une requalification des faits. À l’issue des débats, le conseil des victimes a rappelé que la circonstance liée à l’orientation sexuelle n’avait pas été retenue.
« Clairement, l’agression en raison de l’orientation sexuelle n’a pas été retenue »
La violence verbale de cette nuit-là ne fait pourtant pas de doute. Des insultes homophobes auraient été proférées au moment des faits et, lors de l’interpellation, les policiers rapportent avoir essuyé un flot d’injures. L’un des fonctionnaires a également été mordu pendant l’arrestation.
Le prévenu reconnaît les violences
Face au tribunal, le jeune homme, au casier vierge, n’a pas contesté les actes reprochés. Les débats ont rappelé la chronologie: une intervention rapide des forces de l’ordre du commissariat de Mont-de-Marsan, puis la garde à vue, avant la convocation devant la juridiction montoise. Le prévenu a reconnu sa participation aux faits de violences, tandis que la question des circonstances aggravantes a concentré l’essentiel des échanges juridiques.
Un dossier qui interroge et mobilise
Au-delà de ce procès, l’affaire secoue la communauté locale. À Mont-de-Marsan et dans les communes alentour, les associations de terrain et les riverains suivent de près ce type de dossiers, qui questionnent la capacité collective à prévenir et à sanctionner des violences ciblées. Les victimes, engagées dans un traitement et un suivi au long cours, sont aujourd’hui au cœur d’un accompagnement à la fois médical et juridique.
- Des séquelles physiques documentées et un arrêt de travail toujours en cours pour les deux victimes.
- Une requalification demandée par les parties civiles, sans reconnaissance de la motivation liée à l’orientation sexuelle.
- Une peine de dix mois d’emprisonnement requise contre le prévenu de 23 ans.
Et maintenant ?
Le tribunal a examiné les éléments médicaux, les auditions et les circonstances de l’interpellation. La décision, attendue par les deux hommes qui tentent de reprendre pied, marquera une étape dans leur parcours judiciaire. Pour la ville-préfecture, ce dossier rappelle l’importance du signalement rapide des agressions, du soutien aux victimes et de la vigilance partagée, au quotidien, par les habitants et les institutions. Dans les Landes, la justice suit son cours, avec une même exigence: établir les responsabilités et fixer la peine, au plus près des faits reconnus.