Un hommage ancré dans la terre limousine
Devant la stèle de Forêt-Haute, à Saint-Gilles-les-Forêts, ils étaient près d’une centaine ce dimanche 19 juillet 2026 : anciens combattants, élus, familles de maquisards et de nombreux jeunes. Tous réunis pour raviver le souvenir des combats du Mont Gargan, bataille décisive de l’été 1944 en Haute-Vienne, et réaffirmer un message simple : ne pas oublier.
Une bataille décisive de l’été 1944
Du 18 au 24 juillet 1944, à l’appel de Georges Guingouin, environ 3 000 combattants de la Résistance intérieure française ont tenu tête aux troupes allemandes sur ces hauteurs du Pays de Vassivière. Le bilan, gravé dans les mémoires, dit l’âpreté des jours de feu : 38 morts, 54 blessés et 5 disparus, pour une issue victorieuse des maquisards.
| Période | Effectifs résistants | Morts | Blessés | Disparus |
|---|---|---|---|---|
| 18–24 juillet 1944 | 3 000 | 38 | 54 | 5 |
Des noms, des visages, une transmission
Sur la stèle, des patronymes de jeunes résistants, âgés de 18 à 26 ans. Parmi eux, Pierre Texier, tombé à 19 ans. Sa sœur, Simone, aujourd’hui âgée de 93 ans, a livré un souvenir qui traverse les décennies :
« J'avais sept ou huit ans, on jouait ensemble le jour où il est parti. Quand mon père s'en est aperçu, il a été très malheureux et il s'est mis à pleurer. Puis, on ne l'a jamais revu »
Sa fille, Marie-Hélène, a choisi de confier les effets retrouvés dans un grenier – carte d’identité, portefeuille, photographie – au musée de la Résistance, pour que la trace demeure accessible à tous.
Quand l’histoire irrigue la vie communale
Pour certains, l’hommage passe aussi par l’espace public. Benoit Breton, maire de Masléon et petit-neveu d’un ancien maquisard, Jean Breton, rappelle l’existence d’une rue dédiée dans sa commune. Et résume, sans détour, l’enjeu de mémoire :
« Sans eux, on parlerait peut-être allemand »
Au-delà des gerbes et des drapeaux, c’est une vigilance citoyenne qui s’exprime, face au risque d’oubli. Les organisateurs notent la présence de nombreux jeunes, signe d’un intérêt renouvelé pour ce chapitre de l’histoire locale.
Un devoir de mémoire qui interroge le présent
La commémoration du Mont Gargan rappelle la densité de l’engagement clandestin en Limousin et l’importance de nommer les destins brisés. À Forêt-Haute, la liste des très jeunes résistants questionne notre rapport au courage, à la responsabilité et à la transmission. La parole des familles, comme les dépôts au musée ou la dénomination des rues, constituent autant d’ancrages concrets pour partager ce récit avec les nouvelles générations.
Repères pour comprendre
- Mont Gargan : haut lieu de maquis en Haute-Vienne, rattaché à la mémoire de la Résistance en 1944.
- Appel de Georges Guingouin : mobilisation décisive ayant rassemblé environ 3 000 combattants.
- Bilan des combats : 38 morts, 54 blessés, 5 disparus, issue favorable aux résistants.
En écho aux mots entendus au pied de la stèle, le Mont Gargan demeure un repère, à la fois lieu de deuil et d’espérance, où la mémoire se conjugue au présent pour baliser l’avenir.