Un été sous le signe d’Ingres à Montauban
À Montauban, le musée Ingres-Bourdelle lance sa saison estivale avec un parcours qui met en avant la place du vêtement, du drapé et des matières textiles dans l’art de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Né ici, le grand portraitiste du XIXe siècle a fait du tissu un ressort esthétique et narratif majeur. L’exposition ouverte du 3 juillet au 8 novembre éclaire cette facette, en s’appuyant sur des œuvres du maître et un ensemble d’objets et documents qui resituent son regard dans le contexte de son temps.
La mode comme clé de lecture des portraits
Si les portraits d’Ingres sont célèbres pour leur précision, l’accrochage met l’accent sur ce que le costume révèle des personnages et de leur époque. Le parcours souligne la construction du regard par la présence des étoffes, des plis et des textures, autant d’indices qui guident la composition. Le visiteur est invité à observer comment la parure et les accessoires structurent la scène, au-delà de la ressemblance. Cette approche, rarement isolée dans une exposition dédiée, éclaire la force plastique de tissus travaillés en profondeur: transparences, contrastes, lustres et rythmes du drapé.
Pour nourrir cette lecture, l’ensemble réunit des éléments d’époque et des échos artistiques. On y trouve bijoux (bague, bracelets), éventail, photographies – dont un portrait de l’artiste – ainsi que des magazines et des œuvres en contrepoint qui prolongent le dialogue, du XIXe au contemporain. S’y ajoutent des propositions d’autres artistes, parmi lesquelles un regard satirique du Narcisse de Daumier et des références plus récentes, telles que des détournements photographiques qui réinterrogent les canons du portrait.
Une résonance contemporaine avec Françoise Pétrovitch
En parallèle, l’artiste Françoise Pétrovitch investit la salle du Prince noir avec une proposition visuelle et sonore, Mémoires vives, présentée jusqu’en mai 2027. L’installation s’articule autour de trois grandes voiles imprimées de fragments puisés chez Ingres, prolongeant un travail de relecture qui mêle dessin, peinture et espace. Réalisée en collaboration avec Henri Plumet, elle développe un climat sensible, dans une pénombre propice à l’attention au détail.
« Du 3 juillet au 8 novembre, le musée Ingres-Bourdelle de Montauban consacre une exposition à la mode telle qu’elle apparaît dans l’œuvre du portraitiste. »
Le dialogue se poursuit à l’étage, où de petites peintures sur papier et des portraits de Pétrovitch côtoient des dessins du maître, soulignant la vitalité d’une œuvre qui inspire toujours. La présence de photographies – dont une prise par Jean-Marie Périer – marque, elle aussi, la permanence du sillage ingresque dans l’imaginaire visuel contemporain.
Un triptyque muséal pour l’été
La visite s’organise autour de trois pôles qui structurent l’offre estivale du musée:
- Ingres et la mode: une focale sur le vêtement comme moteur de composition et de sens, avec œuvres, accessoires, documents et contrepoints artistiques.
- Pétrovitch, Mémoires vives: une installation immersive et une série de peintures qui rejouent les motifs ingresques dans le présent.
- Bourdelle: la permanence de l’autre grande figure du musée, pour une traversée de la sculpture et des arts du tournant des XIXe–XXe siècles.
Ce triptyque propose un cheminement qui va du patrimoine au regard d’aujourd’hui, sans césure. Il offre aux Montalbanais et aux visiteurs de passage un cadre pour redécouvrir le musée dans une temporalité étendue, de l’été jusqu’à l’automne, et au-delà avec l’installation contemporaine.
Repères utiles
Pour préparer la visite, le musée indique son site de référence. Les périodes d’ouverture des deux volets sont précisées ci-dessous.
| Parcours | Période |
|---|---|
| Exposition « Ingres et la mode » | 3 juillet – 8 novembre 2026 |
| Installation « Mémoires vives » (F. Pétrovitch) | Jusqu’en mai 2027 |
En cœur de ville, ce programme renforce l’attractivité culturelle de Montauban en plein été et rappelle combien l’œuvre d’Ingres continue d’irriguer la création actuelle. Le musée se positionne comme un lieu de transmission et de dialogue entre les arts, où les objets d’hier parlent au présent. Les habitants y trouveront l’occasion de revisiter un patrimoine familier sous un angle neuf, tandis que les visiteurs pourront entrer dans l’univers d’un portraitiste pour qui la mode n’était pas un décor, mais une matière à penser et à peindre.
Plus d’informations: museeingresbourdelle.com.