Une réunion pour dresser l’état des lieux
Dans la salle des fêtes de Montfort-sur-Risle, malgré une chaleur pesante, le maire Morgan Flambard et son équipe ont présenté leur bilan des 100 premiers jours de mandat. Pendant près de 1 h 45, devant une cinquantaine de participants, dont des élus d’opposition, la municipalité a exposé un « rapport d’étonnement » centré sur l’organisation interne et la capacité de la commune à faire face aux urgences.
Dès l’ouverture, l’édile a cadré l’exercice comme un compte rendu, sans mise en cause personnelle.
« Notre but ce soir est de rendre compte de ce que nous avons découvert au cours de ces cent premiers jours, sans critique ni accusation »
Des manques structurels pointés
Au chapitre de la gouvernance, plusieurs absences ont été relevées. Selon le maire, ces lacunes freinent l’action quotidienne et font perdre un temps précieux aux services.
- Pas de gestion documentaire formalisée, compliquant l’accès rapide aux pièces utiles.
- Pas de calendrier structuré pour les tâches récurrentes et les échéances réglementaires.
- Plan communal de sauvegarde (PCS) jugé insuffisant pour assurer une réponse coordonnée en situation exceptionnelle.
La conséquence directe, résume l’élu, est une organisation contrainte à « l’archéologie » administrative pour retrouver des documents ou des procédures. L’équipe municipale indique vouloir combler ces manques par la mise en place d’outils et de protocoles plus clairs.
Gestion de crise: l’épisode de la fuite d’eau en pleine canicule
L’actualité récente a servi d’illustration. Dimanche dernier, alors que le plan canicule s’appliquait, une fuite d’eau importante a été détectée dans la commune. Faute de protocole précis et de plan de communication rapide, la mairie dit avoir agi dans l’urgence, au mieux des informations disponibles.
« On a notamment remarqué qu’il nous manquait un plan de communication express. Alors certes, on va peut-être se planter, mais on va apprendre. »
Pour l’exécutif municipal, cet épisode confirme la nécessité d’un PCS opérationnel et d’un dispositif d’alerte interne permettant d’identifier les bons interlocuteurs, de déclencher les bonnes actions et d’informer la population de manière fiable.
| Constat | Effet immédiat |
|---|---|
| Documentation éparse | Perte de temps pour retrouver les pièces |
| Calendrier réglementaire manquant | Risque d’oubli d’échéances |
| PCS insuffisant | Réponse moins coordonnée en crise |
| Communication d’urgence non formalisée | Information publique plus lente |
Déchets et bâtiments communaux au menu
Outre l’organisation interne, la question des déchets a occupé une place notable dans les échanges et a suscité de nombreuses réactions. La municipalité évoque aussi des problèmes de toiture parmi les points techniques relevés. Si les détails opérationnels et calendaires n’ont pas été dévoilés lors de cette réunion, l’exécutif indique vouloir hiérarchiser les urgences et clarifier la méthode pour traiter ces dossiers.
Les habitants présents ont pu interroger l’équipe sur ces sujets, signe d’une attente forte autour des services quotidiens — collecte, propreté, entretien des bâtiments — et de la prévention des risques lors d’épisodes météorologiques intenses.
Une méthode annoncée: reconstruire les bases
L’équipe municipale a insisté sur une approche graduelle: diagnostic, formalisation d’outils et mise en place de procédures standardisées pour gagner en efficacité. À court terme, plusieurs axes sont affichés:
- Structurer la gestion documentaire et les circuits de validation.
- Établir un calendrier des tâches récurrentes et des obligations réglementaires.
- Réviser le plan communal de sauvegarde et définir une chaîne d’alerte.
- Élaborer un plan de communication express pour les incidents majeurs.
Sans donner de chiffres ni d’échéances précis, la municipalité assure vouloir associer les élus et les services afin d’éviter la dispersion des responsabilités et de prioriser les chantiers où l’impact pour les habitants est le plus immédiat.
Transparence et contrôle démocratique
La présence des conseillers d’opposition et d’une cinquantaine de participants a donné un caractère public et contradictoire à cet état des lieux. L’équipe en place s’est engagée à rendre compte régulièrement de l’avancement des corrections engagées, estimant qu’une information claire contribue à restaurer la confiance et à faciliter l’adhésion aux futures décisions.
Au terme de ces 100 jours, l’exécutif municipal reconnaît l’ampleur des tâches à mener, entre réorganisation interne et traitement de dossiers concrets. La séquence enclenchée vise à doter la commune de repères, d’outils et de réflexes partagés pour être plus réactive, notamment en période d’alerte sanitaire ou climatique.