Une traque policière et administrative qui finit devant la justice
Les services de l’Office français de la biodiversité (OFB) et la gendarmerie ont bouclé, cet été, une instruction qui remonte au printemps 2025 et qui porte sur la mort illégale de neuf loups dans le nord du département. Après des mois d’observations et d’analyses, trois personnes ont été arrêtées et seront jugées en janvier 2027 devant le tribunal correctionnel de Gap pour « destruction et complicité de destruction illégale d’espèce protégée ». La procureure de Gap, Marion Lozac'hmeur, a rendu public le résultat de l’enquête.
Les investigations ont débuté en avril 2025, « à la suite d’un signalement d’atteintes à la faune sauvage », selon le communiqué de la procureure. L’OFB a ensuite mis en place des dispositifs de surveillance autour d’un lieu ciblé : des capteurs et des observations ont permis de repérer des indices accablants, puis de localiser des éléments matériels reliant des personnes à des actes illégaux.
« un vaste coup de filet contre le braconnage des loups »
Le point d’inflexion est intervenu lors d’une intervention des agents de l’environnement, le 28 mars 2026 : l’équipe constate des éléments laissant penser qu’un loup venait d’être abattu hors de tout cadre légal. Les perquisitions menées le lendemain ont fourni des preuves matérielles. Les enquêteurs ont mis au jour un charnier d’animaux — vraisemblablement utilisé comme appât —, plusieurs armes à feu et le cadavre d’un loup. L’exploitation des données extraites de téléphones et d’appareils a ensuite montré de nombreuses photographies d’animaux morts, en particulier de loups, et permis d’identifier des implications variables d’autres personnes.
- Nombre d’animaux tués : 9 loups retrouvés morts et imputés aux faits;
- Prévenus : 3 personnes interpellées et placées sous contrôle judiciaire;
- Procédure : renvoi devant le tribunal correctionnel de Gap en janvier 2027.
Outre les trois mis en cause placés en garde à vue puis sous contrôle judiciaire, six autres personnes ont été entendues en audition libre, indique la magistrature. L’enquête, menée sur près d’un an, illustre à la fois la difficulté de lutter contre le braconnage sur des territoires étendus et la coopération entre l’OFB et les forces de l’ordre pour documenter des pratiques clandestines souvent dissimulées.
Sur le terrain, la présence du loup reste un sujet clivant entre défenseurs de la biodiversité et acteurs agricoles ou pastoraux. Cette affaire, par son ampleur matérielle — armes, charnier, clichés — et par le nombre d’animaux concernés, risque d’alimenter le débat local et les débats politiques départementaux sur la gestion des prédateurs, la prévention des atteintes à la faune et les moyens alloués aux contrôles.
| Date clé | Fait |
|---|---|
| Avril 2025 | Signalement à l’origine des investigations |
| 28 mars 2026 | Constat d’un tir présumé par l’OFB |
| 29 mars 2026 | Perquisitions : charnier, armes, cadavre retrouvé |
| 28 juillet 2026 | Interpellation de trois personnes |
| Janvier 2027 | Audience prévue au tribunal correctionnel de Gap |
La procédure judiciaire à venir devra établir les responsabilités et permettre, espèrent les autorités, de porter un coup d’arrêt à ce type de pratiques. Pour les habitants des vallées concernées, l’enjeu est double : sanctionner des comportements illégaux et restaurer des relations apaisées entre protection de la faune et activités rurales.