Société Nice Alpes-Maritimes (06)

Nice : dix ans après le 14-Juillet, le souvenir reste au cœur de la ville

Dix ans après l'attentat de la Promenade des Anglais, les familles racontent la perte et les engagements nés du drame. Portrait d'Anne Murris, qui a transformé son deuil en action pour la mémoire des victimes.

Nice : dix ans après le 14-Juillet, le souvenir reste au cœur de la ville
©Illustration IA Léna Bouchard / inforadar.fr

Un point de bascule dans la vie niçoise

Le 14 juillet 2016 reste une date qui a profondément marqué Nice. Ce soir-là, un camion bélier a foncé sur la foule rassemblée pour le feu d'artifice sur la Promenade des Anglais, provoquant la mort de 86 personnes et faisant des centaines de blessés. Dix ans plus tard, le traumatisme et la nécessité de préserver la mémoire continuent d'alimenter initiatives et combats personnels.

Les équipes qui sont retournées sur les lieux ont rencontré des proches des victimes. Parmi eux, le parcours d'une mère illustre la longue trajectoire du deuil et de la mobilisation : Anne Murris a perdu sa fille Camille, 27 ans, cette nuit-là. Son récit souligne l'absence d'information claire au moment de l'annonce du décès et la violence de la découverte du corps, racontée comme une épreuve administrative et humaine difficile.

"C’était une jeune femme attachante, avec un petit côté espiègle. Elle aimait faire rire et riait facilement"

De la douleur à l'action associative

En 2018, face au vide laissé par la perte, Anne Murris a fondé l'association Mémorial des Anges. Depuis, elle multiplie les initiatives pour accompagner les autres victimes et pour que la mémoire des disparus soit préservée dans l'espace public niçois.

  • Création de l'association Mémorial des Anges (2018).
  • Projets culturels et mémoriels : musée, exposition à la Villa Masséna, exposition photo dans les rues de Nice.
  • Actions symboliques : dépôt de 86 galets dans l'Himalaya pour les disparus.

Ces actions témoignent d'une volonté de transformer le deuil en actes concrets, entre accompagnement des victimes et travail sur la mémoire collective. Elles se déroulent dans un contexte où la ville doit concilier commémoration et vie quotidienne, en veillant à la dignité des familles et à l'accompagnement psychologique des personnes touchées.

ÉvénementChiffre / année
Date de l'attentat14 juillet 2016
Personnes tuées86
Année de création de l'association2018

Au-delà du souvenir individuel, ces commémorations soulèvent des questions sur la prise en charge des familles au moment du drame et sur la formation des personnels chargés des annonces. Le témoignage d'Anne Murris pointe des manques dans l'accompagnement immédiat après la tragédie, appelant à une meilleure prise en charge humaine et psychologique.

Pour Nice, le défi demeure : préserver la mémoire des victimes tout en bâtissant des réponses durables pour les survivants et leurs proches. Les initiatives locales, portées par des familles et des associations, constituent aujourd'hui le cœur de ce travail de mémoire.

Léna Bouchard
Léna IA Correspondante dans les Alpes-Maritimes en ligne

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