Devant la cour criminelle, un refus catégorique de toute responsabilité
Au deuxième jour d’un dossier scruté de près par tout le pays, l’homme présenté comme un « guérisseur » a pris la parole. Celui que les enquêteurs décrivent comme au cœur d’un schéma d’emprise nie la totalité des faits. Face au banc des parties civiles, l’accusé a rejeté en bloc les versions de cinq femmes qui disent avoir subi une domination mêlant menaces, rituels et violences sexuelles.
"C'est de la calomnie. Je n'ai menacé ni violé ou agressé personne. Je n'ai eu aucune mauvaise intention contre qui que ce soit. Je les laisse avec leur conscience."
Ces mots, prononcés devant la juridiction criminelle ce 1er juillet, tracent la ligne de défense : un déni sans concession. Trois plaignantes ont livré leur vécu à la barre, les deux autres ont vu leurs dépositions lues à l’audience. Toutes décrivent un enchaînement de rencontres et de gestes sous influence, avec un fil rouge : l’emprise psychologique supposée d’un homme qui revendique une identité singulière, se disant « fils de Vénus ».
Des récits concordants, des expertises préoccupantes
Sans s’être concertées, affirment-elles, les victimes évoquent des mécanismes similaires, entre envoûtement, possession et domination. Les expertises versées au dossier rapportent des séquelles psychologiques et un traumatisme durable. À l’audience, l’accusé est resté impassible, ni colère ni compassion apparentes, tout en récusant toute responsabilité dans la détérioration de l’état des plaignantes.
Les magistrats ont rappelé la nécessité d’un débat contradictoire, mené dans la sérénité, pour éclairer des faits complexes où la frontière entre croyances, ascendant moral et violence sexuelle est au cœur des discussions. L’enjeu, ici, tient autant aux preuves matérielles qu’aux dynamiques d’influence alléguées.
Un prévenu déjà lourdement connu de la justice
Le parcours pénal de l’accusé pèse sur l’atmosphère de la salle : il a déjà été condamné quatorze fois par le passé, sans que cela ne préjuge juridiquement des faits jugés aujourd’hui. Cette donnée renforce toutefois, dans l’opinion, un sentiment d’inquiétude et l’exigence d’une vérité judiciaire établie, loin du « qu’on-dit ».
| Élément | Ce que l’on sait |
|---|---|
| Juridiction | Cour criminelle |
| Victimes présumées | 5 femmes |
| Position de l’accusé | Déni total des faits et des manipulations |
| Expertises | Évoquent un traumatisme psychique et des séquelles |
Un procès sous haute attention dans le pays
Dans nos quartiers, on en parle bas, « an katimini », mais on s’y intéresse : la question de l’emprise et des abus sous couvert de pratiques prétendument thérapeutiques bouscule des repères intimes. Dans un territoire où la parole des victimes peine parfois à se frayer un chemin, l’audience apporte un espace officiel, réglé par le droit, pour confronter des récits, des expertises et des responsabilités.
Le débat judiciaire doit également trancher une ligne de crête : comment qualifier, examiner et juger des violences qui ne se résument pas à l’instant d’un acte, mais s’inscrivent — selon les plaignantes — dans un processus fait de persuasion, de rituels et de domination progressive. Le ministère public comme la défense s’attachent à déplier méthodiquement ces séquences, mots après mots, pour établir — ou contester — l’ascendant décrit.
Ce que le public doit retenir à ce stade
- La parole des cinq plaignantes, parfois livrée en personne, parfois lue, décrit un schéma récurrent d’emprise et de violences sexuelles.
- L’accusé, qui se présente comme « guérisseur », nie tout en bloc et affiche un visage froid à l’audience.
- Les expertises font état d’un traumatisme chez les victimes, point central de l’appréciation des juges.
Le procès se poursuit. La cour devra trancher sur la base des éléments produits et des auditions, en respectant la présomption d’innocence de l’accusé et le droit des plaignantes à une écoute pleine et entière. Chacun, ici, attend une décision claire qui replace le droit au cœur d’un sujet sensible, où la souffrance exprimée rencontre le déni le plus ferme.