Un feu vert consultatif qui ravive le conflit
Réunis en milieu de journée devant la préfecture de Gironde, à Bordeaux, près de 250 personnes se sont mobilisées contre le projet de ferme aquacole industrielle dit Pure Salmon, prévu au Verdon-sur-Mer. Leur rassemblement coïncidait avec la séance du Coderst (conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques), qui a rendu un avis favorable, préalable à la délivrance de l’autorisation environnementale par la préfecture. Cette étape, purement consultative, pèse toutefois lourd dans le calendrier d’instruction d’un dossier suivi de près par les acteurs locaux.
Une mobilisation cadrée par Seastemik et des collectifs alliés
À l’initiative de l’ONG Seastemik, la manifestation a agrégé un large éventail d’organisations : Greenpeace, LPO, Sepanso, mais aussi des collectifs du Médoc et de l’estuaire, dont « 100 % Médocain », « la Fraie Sauvage » et « Estuaire 2050 », venu en nombre depuis le Pays royannais. Militant·es, élu·es et riverain·es se sont relayé·es à l’ombre, en pleine chaleur, pour demander l’arrêt d’un projet perçu comme incompatible avec les équilibres du littoral et de l’estuaire de la Gironde.
« Les poissons dans l’eau, pas dans un frigo »
Les slogans ont rythmé l’après-midi, à proximité immédiate des bâtiments de l’État. Pour les opposants, l’avis du Coderst marque une nouvelle bascule dans un dossier déjà avancé administrativement, quelques semaines après la signature du permis de construire par la préfecture, selon eux.
Les risques pointés par les opposants
Les associations et collectifs mobilisés ont détaillé une liste de griefs environnementaux et climatiques qu’ils jugent majeurs. La séquence de canicule a, selon eux, renforcé ces arguments.
- Pressions possibles sur l’océan, l’estuaire et les nappes d’eau souterraine.
- Atteintes à la biodiversité locale et risques de pollution.
- Bilan carbone qualifié de « catastrophique » par les manifestants.
« Ce projet d’élevage intensif de 10 000 tonnes de saumon sous clim est une aberration »
Cette formule, signée par Esther Dufaure, cofondatrice de Seastemik, résume la critique d’un modèle d’élevage intensif réputé énergivore, qui interrogerait l’adaptation au réchauffement. Les organisateurs de la mobilisation disent vouloir « mettre la pression » sur le Coderst et, au-delà, sur la décision qu’a à prendre l’État. Ils affirment que la préfète Sophie Brocas se serait engagée à suivre l’avis du conseil.
Un projet au long cours, des procédures enchaînées
L’avis de ce jour reste une pièce de la procédure. Il ouvre la voie à la décision sur l’autorisation environnementale, déterminante pour l’issue du dossier. Les étapes administratives, dont l’instruction par les services de l’État et l’examen des risques sanitaires et technologiques, se poursuivent. Les associations, elles, disent se tenir prêtes à contester le projet sur le terrain réglementaire si nécessaire.
Repères: ce qu’il faut retenir
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date | 2 juillet |
| Lieu | Préfecture de Gironde, Bordeaux |
| Instance | Coderst |
| Décision | Avis favorable (consultatif) |
| Projet | Ferme aquacole au Verdon-sur-Mer (Pure Salmon) |
| Mobilisation | Environ 250 personnes |
| Capacité annoncée | 10 000 tonnes de saumon |
Et maintenant ?
Pour les opposants, la bataille se poursuit sur deux fronts : la mobilisation publique et l’examen serré du volet environnemental. Dans l’attente de la décision préfectorale, ils promettent de maintenir la pression et d’alerter sur les impacts redoutés dans l’estuaire de la Gironde et sur le littoral médocain. Le portage du projet, lui, s’appuie pour l’heure sur l’enchaînement régulier des avis et décisions administratives.