Une traversée qui relie histoire et montagne
Samedi 12 septembre, 41 randonneurs ont quitté la vallée d’Ax‑les‑Thermes pour rejoindre la Porteille d’Orlu, point culminant du jour à 2 277 mètres. L’ascension, qui nécessitait environ 1 200 mètres de dénivelé positif, a été conduite dans la fraîcheur matinale et la lumière qui caressait la Dent d’Orlu.
Organisée par l’Acap (Association des Amis des chemins d'Ax et du patrimoine), la sortie avait pour objectif de ranimer un itinéraire ancien qui faisait communiquer les versants ariégeois et catalans depuis plusieurs siècles. Au‑delà de l’effort physique, la journée a pris la forme d’un moment de transmission : géologie, flore et faune ont été évoquées au fil du sentier, transformant la montée en une exploration attentive du territoire.
« C’est ça l’esprit Acap »
« université à ciel ouvert »
Le passage final, plus technique, a rappelé la rudesse du terrain : sur les 300 derniers mètres, un éboulis rocheux a imposé de poser les mains et de trouver son équilibre avant d’atteindre le col. Malgré l’absence des cèpes espérés par certains, les participants ont partagé sourires et discussions pendant les quatre heures d’ascension.
La porteille ouvre sur le vallon du Galbe, un lieu chargé d’histoire. Les archives rappellent que dès 1241, des privilèges étaient accordés aux habitants d’Ax, et qu’en 1595 Henri IV confirmait des libertés commerciales et pastorales avec la Cerdagne et le Capcir. Cette randonnée s’inscrit ainsi dans une très longue tradition de passage montagnard entre vallées.
- Organisateur : Acap (Amis des chemins d'Ax et du patrimoine)
- Participants : 41 randonneurs ariégeois et catalans
- Altitude du col : 2 277 m
- Dénivelé positif : ~1 200 m
- Durée approximative de la montée : 4 heures
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Date | 12 septembre |
| Participants | 41 |
| Altitude | 2 277 m |
| Dénivelé | 1 200 m (positif) |
Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse la simple randonnée : il s’agit de préserver la mémoire des liaisons pastorales et commerciales qui ont façonné les sociétés montagnardes. Les participants, venus des deux versants, ont ainsi réaffirmé par la marche l’importance des liens inter‑vallées, du partage de savoirs et de la préservation des chemins.
Sur le terrain, ce type d’initiative attire des publics variés — accompagnateurs, amateurs de nature et curieux d’histoire — et rappelle que la montagne reste un espace vivant, exigeant et porteur de récits. À l’heure où les pratiques de plein air se diversifient, la réouverture ponctuelle de ces anciennes voies offre une façon concrète de (re)lier patrimoine et usages contemporains.