Un territoire de montagne qui mise sur l’accessibilité
Dans un département où le relief façonne les usages, voir émerger des itinéraires pensés pour la mobilité de tous n’a rien d’anecdotique. Le Cantal compte aujourd’hui 22 sentiers estampillés « BR » pour balades à roulettes, une offre qui place le territoire parmi les références nationales au sein du Parc naturel régional de l’Aubrac. À l’invitation du Parc, des responsables de randonnée de l’Aveyron et de la Lozère ont récemment pris part, à Lieutadès, à une visite d’évaluation destinée à partager méthode et retours d’expérience.
Un label né ailleurs, adopté ici avec méthode
L’idée des BR a vu le jour en 2010 dans les Pyrénées-Atlantiques et s’est diffusée progressivement en France. La Gironde demeure le département le mieux pourvu avec près de 90 circuits, mais la dynamique est lente : à ce jour, seuls dix départements proposent des parcours de ce type. Dans le Cantal, le comité départemental de randonnée pédestre s’est fixé un cap à 30 itinéraires. Être déjà à deux tiers de l’objectif, dans un pays de volcans et de vallées, n’est pas anodin.
« Ce qui est remarquable car ce n’est pas très plat par chez nous »
La formule, attribuée à Bernadette Solignac, vice-présidente du comité départemental en charge du dossier avec Solange Thers, résume l’enjeu : rendre accessibles des chemins existants sans les transformer en pistes artificielles.
Des critères précis pour des usages variés
Les BR ne sont pas des tracés réservés à un seul public. Ils répondent à des exigences techniques qui ouvrent la balade à des profils multiples : parents avec poussette, enfants à draisienne ou trottinette, personnes en fauteuil ou à mobilité réduite. À la Vergne des Mazes, sur la commune de Lieutadès, la visite d’évaluation a rappelé les fondamentaux :
- des boucles courtes, entre 500 m et 4 km ;
- une largeur suffisante pour circuler et se croiser ;
- un sol roulant, sans dévers marqué ni dénivelé notable ;
- des espaces de manœuvre et de retournement identifiables.
Le parti pris est clair : pas de création de voies dédiées, mais une expertise des itinéraires déjà balisés pour vérifier leur compatibilité avec ces usages.
« On s’appuie sur l’existant »rappellent les responsables du comité, qui sillonnent le département pour repérer et valider les parcours potentiels.
Une démarche qui essaime sur l’Aubrac
En organisant cette journée à Lieutadès, le Parc naturel régional de l’Aubrac inscrit les BR dans sa politique de mobilité et d’accessibilité. L’objectif est double : partager une méthode éprouvée et encourager les départements voisins à accélérer leur propre recensement. La présence des comités de randonnée de l’Aveyron et de la Lozère traduit cet intérêt. Pour le Cantal, cette avance peut se transformer en atout touristique et social, en particulier sur les secteurs où l’offre de promenade familiale reste limitée par le relief.
Repères chiffrés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Sentiers BR dans le Cantal | 22 |
| Objectif fixé par le comité cantalien | 30 |
| Départements proposant des BR | 10 |
| Département le plus doté (Gironde) | près de 90 |
| Année de lancement du label | 2010 (Pyrénées-Atlantiques) |
Pour qui, pour quoi ? Des usages concrets
Ces itinéraires sécurisés et lisibles répondent à des besoins très concrets : permettre à des familles de sortir avec de jeunes enfants, offrir des boucles adaptées aux rythmes de seniors, ouvrir des fenêtres de nature à celles et ceux qui se heurtent d’ordinaire aux racines affleurantes, aux dévers ou aux passages étroits. Dans un département où la pente et les mètres de dénivelé font partie du paysage, ces boucles tranquilles créent une autre porte d’entrée sur les vallées et plateaux.
Informations pratiques
Les circuits BR cantaliens sont issus du réseau déjà balisé. Pour préparer une sortie, il est recommandé de vérifier la longueur, la qualité du revêtement et les points de retournement indiqués par le comité de randonnée. Les communes concernées et les offices de tourisme peuvent orienter vers les parcours existants et signaler les éventuelles restrictions temporaires (météo, travaux forestiers, pâturages). Avant de se lancer, chacun veillera à adapter son matériel (roues, freins, protections pluie) aux conditions du moment.
La montée en puissance de ces 22 boucles, appelée à se poursuivre vers l’objectif de 30, témoigne d’un même cap : rendre la nature de l’Aubrac accessible, sans la dénaturer. Une démarche simple, méthodique, et désormais suivie de près par les voisins.