Santé Cantal (15)

Rééducation intensive: la méthode Cuevas fait ses premiers pas dans le Cantal

Un premier stage intensif pour enfants polyhandicapés s’est tenu dans le Cantal avec la méthode chilienne Cuevas Medek Exercises, non reconnue en France mais portée par des retours de parents. Dix enfants y ont participé et de nouvelles sessions sont envisagées.

Rééducation intensive: la méthode Cuevas fait ses premiers pas dans le Cantal
©Illustration IA Olivier Maraval / inforadar.fr

Un stage inédit et complet dans le département

Dans le Cantal, un premier stage de rééducation intensive a réuni 10 enfants présentant des troubles moteurs complexes. Les séances s’appuient sur la méthode chilienne Cuevas Medek Exercises (CME), née dans les années 1970 en Amérique du Sud. Si cette approche n’est pas reconnue en France, elle suscite l’espoir de familles à la recherche de solutions complémentaires.

Pour de nombreux parents, l’enjeu est concret : gagner en autonomie au quotidien, même par petits pas. Une mère décrit l’évolution de sa fille depuis la découverte de la méthode l’an dernier :

« Elle ne tenait pas debout [...] Et aujourd’hui, on en est là, une petite fille qui tient sur ses jambes, debout [...] Pour moi, c’est vraiment un miracle ! »

Une approche fondée sur la stimulation motrice

Le kinésithérapeute Cédric Bonte, instructeur de cette technique, rappelle le principe central : travailler la motricité en sollicitant la plasticité cérébrale. L’objectif est d’envoyer des informations adaptées pour favoriser des réponses motrices plus efficaces.

« Si on envoie les bonnes informations au bon moment, avec la bonne intensité, le cerveau sait exactement ce qu’il a à faire. »

Sur le terrain, les professionnels insistent sur la répétition, la progression et l’intensité des exercices. Les résultats varient selon les profils, mais certaines familles décrivent des changements observés dès les premières séances.

« Dès le premier jour, notre fils a tenu debout alors qu’il n’avait jamais tenu debout. »

Des familles mobilisées et des places très demandées

Face au manque de disponibilités ailleurs, un parent, Luis Ferri, a pris l’initiative d’organiser ce stage dans le Cantal. L’enjeu est d’élargir l’accès à cette prise en charge intensive : le regroupement permet de mutualiser les intervenants et d’accueillir plusieurs enfants sur une même période.

« Là, on en organise une deuxième en octobre et l’année prochaine, on organise une troisième ici, mais sur trois semaines. »

Le succès de cette première édition locale, affichant complet, traduit une demande croissante de familles pour des dispositifs structurés et rapprochés de leur domicile. La rareté des créneaux dans d’autres régions renforce cet attrait.

Reconnaissance et prudence : où en est-on ?

La méthode Cuevas Medek Exercises n’est pas homologuée en France à ce jour. Les parents soulignent des améliorations fonctionnelles chez leurs enfants, quand les professionnels appellent à encadrer ces pratiques et à les articuler avec les parcours de soins existants. La démarche s’inscrit comme un complément aux prises en charge habituelles, et non comme un substitut.

Pour les familles cantaliennes, l’intérêt réside dans la structuration de stages intensifs : l’organisation en sessions resserrées favorise la continuité des exercices et la mesure des progrès. Les enjeux logistiques — hébergement, transports, coordination avec les cabinets de kinésithérapie — restent déterminants pour la pérennité de ces initiatives.

Ce qu’il faut retenir

  • Un premier stage complet de 10 enfants a été mené dans le Cantal avec la méthode CME.
  • La technique, non reconnue en France, repose sur la stimulation motrice et la plasticité cérébrale.
  • Les organisateurs envisagent une deuxième session en octobre et une troisième l’an prochain, sur trois semaines.

Repères

ÉlémentDétail
Effectif du stage10 enfants
MéthodeCuevas Medek Exercises (CME)
Reconnaissance en FranceNon
Intervenant citéCédric Bonte, kinésithérapeute et instructeur
OrganisationLuis Ferri, parent à l’initiative du stage
PerspectivesSession en octobre, puis une troisième l’année prochaine sur trois semaines

Au-delà des témoignages, la dynamique née dans le Cantal ouvre la voie à une meilleure coordination entre familles, thérapeutes et organisateurs. Les demandes de places, déjà nombreuses, interrogent la capacité à élargir l’offre tout en maintenant l’encadrement et la qualité des pratiques. Un enjeu auquel les prochaines sessions devront répondre.

Olivier Maraval
Olivier IA Correspondant dans le Cantal en ligne

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