Un parc transfrontalier qui mise sur la renaturation
Le Parc national de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse, officiellement créé en 2023, a profité d’une grande manifestation de naturalistes pour faire le point sur ses trois premières années d’action et dévoiler les priorités pour les quatre prochaines. Appuyé par un financement européen important, le parc a lancé un premier programme opérationnel ambitieux, centré sur la restauration des habitats et la remise en réseau des continuités écologiques.
La directrice du parc a rappelé que l’objectif principal restait de renforcer le maillage écologique afin de préserver la biodiversité. Dans cette optique, des interventions d’envergure ont déjà été menées sur une portion notable du territoire concerné par le périmètre du parc.
| Indicateur | Réalisation |
|---|---|
| Surface concernée | 22 554 ha |
| Forêts laissées à l’évolution naturelle | 1 402 ha |
| Mares forestières créées | 94 |
| Hectares restaurés | ~250 ha |
Des actions concrètes pour la faune et la nuit
Plusieurs opérations ciblées ont été menées. Sur le plan des infrastructures, des travaux sur les lignes électriques ont permis d’installer des dispositifs favorisant l’accueil d’oiseaux : des pylônes rehaussés ont accueilli 36 paniers destinés aux cigognes blanches, où douze couples se sont déjà installés.
La lutte contre la pollution lumineuse figure également parmi les priorités : plus de cent cabines électriques ont été modifiées afin de réduire l’éclairage nocturne en 79 points du territoire, contribuant ainsi à restaurer des ambiances nocturnes favorables à certaines espèces.
Accès au parc et accueil du public
Au‑delà de la restauration écologique, le parc veut reconnecter les habitants et les visiteurs à la nature par des équipements et des offres d’animation. Cinq tours d’observation à thèmes ont été érigées ; des sites remarquables ont été valorisés ; des espaces destinés au jeu libre en forêt ont été créés. Le réseau pédestre offre désormais environ 700 km de chemins balisés, accompagnés d’un topo‑guide bilingue (français / néerlandais) et d’une carte numérique interactive.
- Des balades guidées sont proposées par 34 guides formés.
- Des lieux emblématiques comme le Matricolo ou le Fondry des Chiens bénéficient d’un nouvel éclairage touristique.
- Le parc porte aussi un volet économique : un dispositif de monitoring stratégique suit les retombées locales.
« Les actions menées ensemble visent à renaturer, reconnecter et repenser le territoire », a expliqué Johanna Breyne.
Un projet de territoire aux dimensions régionales
Le Parc national ne se limite pas à la conservation : il articule protections naturelles, usages humains et développement local. Trente‑huit partenaires participent au projet, permettant d’articuler interventions scientifiques, aménagements et attractivité touristique. Sur le long terme, l’ambition est d’offrir des milieux plus résilients et des expériences de nature accessibles, tout en mesurant les bénéfices économiques pour les communes concernées.
À la croisée des enjeux écologiques et culturels, le Parc de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse cherche ainsi à écrire une nouvelle page de gestion partagée des paysages, en s’appuyant sur des mesures tangibles et un travail de territoire à intensifier dans les années à venir.