Une cuisine municipale pour produire « une partie » des repas scolaires
La municipalité de Romainville a entamé un rapatriement partiel de la production des repas scolaires. Depuis la rentrée, la nouvelle cuisine des écoles Charcot‑Barbusse fonctionne : treize salariés y préparent jusqu’à 700 repas par jour, dont 400 servis sur place et, après les vacances d’automne, 300 destinés aux maternelles Charcot et Charlie‑Chaplin, livrés à vélos cargo.
Ce transfert n’est pas un passage d’un prestataire privé à un service public, mais un redéploiement au sein d’un réseau déjà public. Romainville est membre du syndicat intercommunal Tables Communes, qui produit 43 000 repas par jour pour quinze communes. Produire à Charcot‑Barbusse signifie donc ramener sur la commune une part de cette production mutualisée.
Un investissement municipal chiffré
Le projet de construction a été estimé par une décision municipale de février 2025 à 1,88 million d’euros. La ville a sollicité 1,3 million d’euros auprès de l’État ; 534 406 euros devraient rester à sa charge après les autres aides prévues.
| Élément | Montant / capacité |
|---|---|
| Coût estimé du projet | 1,88 M€ |
| Demande de financement à l’État | 1,3 M€ |
| Part restant à la charge de la Ville | 534 406 € |
| Repas préparés par jour (capacité) | jusqu’à 700 |
Dans son rapport budgétaire 2025, la Ville anticipait une économie de 210 000 euros par an en fonctionnement liée à la réduction du recours à Tables Communes. Pour l’heure, il s’agit d’une prévision et non d’une économie constatée.
Pourquoi ce choix ?
La mutualisation par de grandes cuisines centrales permet une production massive. À l’inverse, une cuisine municipale offre plus de contrôle sur les menus, la qualité des produits, les équipes et les circuits de livraison. Mais elle oblige aussi la collectivité à assumer les coûts d’investissement, d’équipement et de personnel.
Romainville expérimente ce modèle depuis 2023 à Maryse‑Bastié et étend maintenant l’essai à Charcot‑Barbusse. La décision s’inscrit dans une réflexion plus large : les Assises citoyennes de l’alimentation, qui s’ouvriront avec le Festival des transitions gourmandes du 23 au 27 septembre, doivent mettre autour de la table habitants, commerçants, associations, jeunes et professionnels.
« La commune produit désormais elle‑même une partie des repas »,
Un comité de 20 à 30 habitants travaillera, de septembre 2026 à décembre 2027, sur des propositions portant au‑delà de la restauration scolaire. Pour les familles et personnels des écoles, la question reste concrète : quelle qualité des produits, quels rythmes de livraison, quel coût réel pour la collectivité ?
- La cuisine Charcot‑Barbusse produit jusqu’à 700 repas/jour.
- Investissement estimé : 1,88 M€, dont 534 406 € à la charge de la Ville.
- Objectif affiché : plus de maîtrise locale et pistes d’économies (prévision de 210 000 €/an).
Pour les Romainvillois, l’enjeu est double : améliorer l’alimentation à l’école tout en validant un modèle économique soutenable pour la commune. Les prochains mois, lors des Assises et des premiers bilans de production, permettront d’évaluer si la méthode tient ses promesses.