Un lieu de pause et de recharge porté par les livreurs eux-mêmes
À Rouen, une initiative portée par l'Association de soutien et accompagnement des livreurs de Rouen (ASALR) progresse mais reste à concrétiser. L'objectif : ouvrir une Maison des livreurs — un espace où les travailleurs des plateformes pourront se reposer, se réchauffer en hiver et recharger leurs téléphones ou vélos à assistance électrique.
Créée par des personnes travaillant pour des applications telles qu'Uber Eats ou Deliveroo, l'association bénéficie depuis ses débuts de l'appui de Médecins du monde. L'ONG anime notamment une permanence rue d'Elbeuf destinée aux travailleurs précarisés et accompagne la structuration du projet.
« L’enjeu, c’est avant tout d’améliorer leurs conditions de travail actuellement très difficiles », explique Zohra Amimi, adjointe déléguée aux solidarités à la Ville de Rouen.
Une subvention votée, mais des besoins encore significatifs
Le conseil municipal a récemment accordé une subvention pour soutenir le démarrage du projet : 8 000 euros ont été décidés le 25 juin 2026. Cette aide intervient alors que le budget initial estimé pour lancer la Maison dépasse 21 000 euros. Il reste donc à combler un besoin financier et à identifier un local adapté pour accueillir la structure.
| Poste | Montant |
|---|---|
| Subvention municipale votée | 8 000 € |
| Budget initial estimé | ~21 000 € |
Ce que pourra apporter la Maison des livreurs
Au-delà d'un simple abri, les porteurs du projet imaginent un lieu multifonction :
- un espace de repos et de convivialité pour couper pendant les tournées ;
- des équipements pour recharger téléphones et batteries de vélos ;
- un point d'information et d'accompagnement sur les droits et la santé des travailleurs des plateformes.
Selon Médecins du monde, la permanence MEDS (médiation, exil, droit, santé) a déjà permis d'identifier des besoins récurrents parmi ces travailleurs précaires et de mener un travail de plaidoyer en faveur de la Maison des livreurs depuis environ un an et demi.
Les prochaines étapes
Pour que le projet passe du stade de prototype au concret, deux obstacles doivent être levés : trouver un local adapté à Rouen et sécuriser des ressources pérennes pour l'exploitation. Le soutien ponctuel de la Ville constitue un premier pas, mais les porteurs recherchent encore des partenaires financiers et des solutions immobilières.
À moyen terme, la Maison pourrait servir de modèle pour d'autres villes de la métropole intéressées par des réponses locales à la précarité des travailleurs des plateformes. En attendant, l'initiative souligne la montée en visibilité d'un métier largement intégré au quotidien des habitants mais dont les conditions de travail restent très discutées.
Contact et démarches : pour proposer un local ou un soutien financier, l'ASALR et Médecins du monde restent les interlocuteurs indiqués, via leurs permanences ou leurs sites respectifs.