Samedi gratuit dans les bus et tram : feu vert de la Métropole
Décision actée : les transports en commun STAS seront gratuits le samedi sur l’ensemble du réseau métropolitain à partir du 5 septembre. La mesure, votée par Saint-Étienne Métropole lors d’une assemblée « décentralisée » à Roche-la-Molière, s’inscrit dans une phase expérimentale jusqu’au 31 décembre 2027. Elle ne se limite pas à la ville centre : elle s’applique aux lignes qui irriguent tout le territoire, de Saint-Étienne à Saint-Chamond, Rive-de-Gier, Firminy et au-delà.
Portée politiquement lors des dernières municipales par la liste de Régis Juanico, cette gratuité partielle a reçu deux validations préalables, obtenues à l’unanimité selon l’exécutif métropolitain : d’abord au bureau métropolitain le 28 mai (où siègent les maires), puis au Comité des partenaires le 18 juin, qui réunit notamment associations d’usagers et représentants du monde économique.
Objectifs affichés : commerce, pouvoir d’achat et air plus respirable
Le vice-président aux Transports, Christophe Faverjon, met en avant un levier à « trois bandes » : économique, social et environnemental. L’idée est d’inciter les habitants à se déplacer le samedi sans voiture pour consommer dans les cœurs de ville et d’alléger la facture des ménages.
« C’est un investissement »
résume-t-il, en défendant une mesure destinée à soutenir la fréquentation des centralités commerciales tout en favorisant une mobilité moins polluante. Le précédent d’autres territoires est cité, comme Roanne, Dunkerque ou Montpellier, quand bien même l’opposition stéphanoise RN / UDR conteste le bien-fondé économique de ces comparaisons.
Qui paye quoi ? Le rappel des équilibres financiers
Dans les comptes de la STAS, la billetterie et les abonnements représentent environ 20 M€ sur un peu plus de 100 M€ de recettes annuelles. Le reste provient principalement du versement transports acquitté par les entreprises. Pour l’exécutif métropolitain, la gratuité du samedi n’assèche donc pas le modèle, et s’ajoute à la tarification sociale instaurée en 2021 à 10 € par mois, jugée utile mais insuffisante face à la pression sur le pouvoir d’achat de nombreux foyers.
| Étape / Mesure | Date / Portée |
|---|---|
| Accord du bureau métropolitain | 28 mai |
| Accord du Comité des partenaires | 18 juin |
| Entrée en vigueur | 5 septembre |
| Fin de l’expérimentation | 31 décembre 2027 |
| Lieu du vote métropolitain | Roche-la-Molière |
Ce qui change pour les usagers le samedi
- Accès gratuit à toutes les lignes STAS le samedi sur le périmètre métropolitain.
- Dispositif temporaire et évalué d’ici 2027.
- Complément à la tarification sociale à 10 €/mois en vigueur depuis 2021.
La mesure entend doper l’attractivité des centres-villes le week-end, où l’usage de la voiture reste fort. Elle répond aussi aux contraintes du portefeuille : pour beaucoup, le samedi cumule sorties, courses et déplacements familiaux. L’exécutif espère un report modal tangible grâce à la levée de la barrière tarifaire ce jour-là.
Un débat politique vif, une mise en œuvre attendue
Le vote métropolitain a fait écho aux échanges tenus la veille au conseil municipal de Saint-Étienne. Si la majorité métropolitaine insiste sur l’« investissement » que représente cette gratuité partielle, une partie de l’opposition met en doute ses retombées économiques et rappelle les exigences de qualité de service qui doivent accompagner la hausse de fréquentation attendue.
Les habitants, eux, disposeront rapidement d’un test grandeur nature. À compter du 5 septembre, le samedi deviendra un jour sans ticket sur le réseau STAS. L’évaluation devra mesurer : l’affluence, l’effet sur les commerces de proximité, et l’impact environnemental. D’ici là, la Métropole promet une communication pour préciser les modalités d’accès et de contrôle adaptées à cette gratuité hebdomadaire.