Un magasin de centre‑ville préservé, mais avec des ajustements
Après des semaines d'incertitude depuis le placement en redressement judiciaire du groupe en janvier, le Bouchara de la rue Aristide‑Briand, installé à proximité de la place de l'Hôtel‑de‑Ville, a été retenu parmi les sites repris au national. Le tribunal des activités économiques de Paris a validé, le 11 mai, l'offre du fonds AA Investments, basé à Hong Kong, qui reprend une partie du réseau.
Pour les Stéphanois, c'est une bonne nouvelle : la boutique qui avait remplacé Eurodif en 2017 poursuivra son activité. Mais la reprise se fait avec des conséquences sociales : le magasin local a perdu deux postes et l'équipe est désormais composée de quatre salariés.
« On fait très souvent des opérations commerciales, et beaucoup de clients pensaient à chaque fois que c’était parce qu’on allait fermer »,
explique Tarik Abada, directeur du magasin depuis la fin d’année dernière, pour souligner l'inquiétude qui a pesé sur la clientèle et l'importance de rassurer les habitués.
Un plan national qui ménage quelques sites
La décision de reprise n'a pas sauvé l'ensemble du réseau : sur 52 magasins concernés par la procédure, 25 ont été repris et 27 ont fermé ou vont fermer. Au niveau des effectifs, la reprise ne concerne qu'une partie du personnel : 184 salariés repris sur 542 au total.
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Magasins concernés | 52 |
| Magasins repris | 25 |
| Magasins fermés | 27 |
| Salariés repris | 184 sur 542 |
Pourquoi Saint‑Étienne a été retenu
Selon David Froger, directeur commercial du groupe, la boutique Stéphanoise a séduit par sa rentabilité et un loyer qu'il juge raisonnable. Ces deux éléments expliqueraient en grande partie pourquoi la reprise a été privilégiée ici plutôt que dans d'autres villes.
La reprise par AA Investments s'accompagne d'une stratégie de synergies avec la marque bretonne Françoise Saget, également détenue par le fonds. L'objectif annoncé est de mutualiser certaines fonctions sans intégrer les identités commerciales : chaque enseigne gardera sa marque propre, même si des corners ou des coopérations sont envisagés.
Conséquences locales et perspectives
- Maintien d'une enseigne de linge de maison dans le centre‑ville, utile pour l'animation commerciale.
- Réduction de l'équipe sur place : l'accueil et le service pourraient être impactés par une organisation à quatre salariés.
- Possibles évolutions commerciales à court terme via des partenariats avec Françoise Saget, sans disparition de l'identité Bouchara.
Pour les Stéphanois attachés au commerce de proximité, la confirmation de la reprise est un soulagement, même si elle rappelle la fragilité du petit commerce face aux restructurations. Sur le terrain, la direction du magasin insiste sur la continuité de l'offre et les opérations commerciales qui devraient se poursuivre afin de fidéliser la clientèle locale.
Reste à observer comment ces synergies se traduiront concrètement en boutique et si la nouvelle organisation permettra de stabiliser l'emploi au‑delà des postes déjà supprimés.